Genève: la nouvelle Tchécolovaquie vue par l’abbé Josef Zverina (160590)
Fribourg 16mai(APIC) Dans une conférence organisée par le Centre catholique d’études le lundi 14 mai à l’Université de Genève, l’abbé Josef Zverina, doyen d’honneur de la Faculté de théologie catholique de Prague, estime
que l’Eglise catholique tchécoslovaque doit être présente dans la société,
tant au niveau religieux et spirituel qu’au niveau social. Si la nouvelle
situation, créée par la révolution de velours lui parait dans l’ensemble
largement positive, il voit cependant pointer quelques nuages menaçants
comme "la société de consommation", le sectarisme et le nationalisme.
Au début de son exposé, l’abbé Zverina a d’abord rappelé la répression
et les discriminations dont a été victime l’Eglise catholique tchécoslovaque sous le régime communiste: répression, emprisonnements, pressions psychologiques et physiques, exécutions ont marqué les quatre dernières décenies. Aujourd’hui, les Eglises revivent. L’Eglise catholique est libre de
s’organiser, de nommer ses évêques, de reconstituer des ordres religieux,
supprimés dans les années 50. Les églises lui sont rendues. "Mais cette liberté ne doit pas nous conduire au triomphalisme. C’est un reproche que les
protestants font parfois aux catholiques", remarque le doyen d’honneur de
la faculté de théologie.
Ce dernier insiste aussi sur l’engagement nécessaire des chrétiens dans
la société civile. C’est le cas notamment pour la construction de la "maison commune européenne" selon l’expression de Vaclav Havel, de Jean Paul II
et de Mikhail Gorbatchev. Les Eglises doivent, selon l’abbé Josef Zverina,
apporter des réponses morales et contribuer au façonnement des consciences.
Cette perspective est très importante , surtout que les dangers des vertiges de la société libérale guettent la société tchécoslovaque.
Une société largement sécularisée
Le conférencier signale que le rôle des Eglises ne sera pas facile, car
elles manquent terriblement de cadres et doivent travailler dans une société largement sécularisée ( un récent sondage affirme que seulement 25% de
la population a des liens avec les Eglises et que le nombre des pratiquants
arrive à 13%). Enfin l’oecuménisme doit faire encore d’énormes progrès,
tant sont vives encore les divisions et préjugés entre les Eglises chrétiennes. (apic/pp/ba)