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    Genève : la JEC de 1968 à 88, évocations sans nostalgie (270588)

    Genève, 27mai(APIC/Paolo Piccinini) Tous les médias ont commémoré

    l’anniversaire des événements de 68. Rien de tel pour d’autres faits

    historiques aussi importants, sinon plus. Pourtant, rien ou presque n’a été

    dit sur la Jeunesse étudiante catholique (JEC). Une lacune qui tient

    peut-être aussi au fait que ce groupement n’est jamais apparu en son nom.

    Sa caractéristique : être un lieu de discussion et de confrontation entre

    la réalité sociale et la foi. D’ou, pas de journal, pas de tract; en tout

    cas pas jusqu’à une période récente. La rencontre avec d’anciens jécistes

    nous a rendu possible de faire revivre en quelques lignes 20 ans

    d’histoire.

    Les premiers événements qui annoncent la contestation de 68 à Genève se

    sont déroulés dans les écoles secondaires. Dès 63, des élèves s’insurgent

    contre la direction qui ne les a pas consultés sur les épreuves

    trimestrielles. Par la suite se constituera le MIC (Mouvement

    intercollégiens) regroupant des collégiens de diverses confessions et

    courants idéologiques. Avec la création de la Fédération des mouvements du

    secondaire, le mouvement s’élargit et se confronte à d’autres thèmes, tels

    que : la sélection, le contenu des cours, la forme de transmission du

    savoir.

    Université occupée

    L’occupation de l’université par les étudiants en mai-juin 68 sonnera

    l’heure de gloire de la contestation. Cela avait commencé une année

    auparavant par des manifestations contre un rassemblement militaire en

    ville et des conférences qui devaient se dérouler à l’université.

    L’occupation marque aussi le début des clivages dans le mouvement. Les

    jécistes qui participent en nombre à l’ASU (Association syndicale

    universitaire) s’opposent à d’autres courants qui veulent continuer

    l’occupation à outrance.

    Pour beaucoup de militants de l’ASU, il apparaît urgent d’approfondir

    les analyses et de ne pas succomber à l ’activisme. D’ailleurs, le

    mouvement étudiant sera désemparé devant l’initiative du rectorat qui

    propose un large forum sur l’université avec tous les étudiants et les

    professeurs.

    Le mouvement va vite retomber. Les groupes politiques se sectarisent. La

    JEC connaîtra aussi des problèmes. Une partie de ses membres partiront en

    lui reprochant de ne pas se définir comme un groupe politique ou syndical.

    La JEC survit en conservant son identité de groupe de "révision de vie".

    Post-68

    Dans les années qui suivent 68, après une phase de mobilisation

    extra-universitaire (Burgos, maison des jeunes), l’heure est à la

    participation. Les jécistes vont se retrouver à la Conférence universitaire

    des associations d’étudiants (CUAE) et collaborer à la rédaction de son

    journal "Courant". De même se créent dans les collèges divers groupes.

    C’est le temps de la réflexion. Les jécistes jouent leur rôle de levain et

    refusent de monopoliser le débat. C’est à cette époque aussi que beaucoup

    s’insèrent dans les structures pastorales genevoises récemment mises en

    place.

    Solidarité avec le tiers monde

    Les années 80 se caractérisent par la disparition d’une mobilisation

    d’ensemble et par une relative atomisation. Mais c’est aussi l’époque de

    manifestations ponctuelles de solidarité internationale. Preuve en est

    l’engagement de dizaines de jeunes dans la campagne "Coopération-coup de

    main" et dans la manifestation des jeunes en faveur des réfugiés.

    Quant à la JEC, elle commence à apparaître sous son sigle. Ses

    interventions principales touchent le tiers monde. Campagne contre

    l’apartheid, pour l’introduction de la problématique de l’aide au

    développement dans les cours, en faveur des requérants d’asile.

    Les jécistes s’appelent Eric, Suzanne, Gérard, Dominique, Marc, Laure,

    Angèle, Françoise, Luc, Lucine, Karin, Dimitri... et tous les autres. Ils

    continuent de défendre sans nostalgie leurs convictions dans leur vie professionnelle ou dans l’Eglise. (apic/pp/ym)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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