Genève: la famille vit une crise qui persiste (040590)
Genève, 4mai(APIC) La famille jouit "pour la première fois de son histoire de privilèges". Elle a droit à "la liberté et à l’égalité", notions réservées il y a peu de temps encore à la société et à la politique. Pourtant, la famille ne se porte pas mieux et elle évolue même de façon négative. C’est par ce constat paradoxal que France Quéré, théologienne et sociologue française, a entamé sa conférence donnée jeudi soir à l’Université de
Genève.
Invitée par la Librairie oecuménique à l’occasion de la sortie de son
dernier livre qui porte précisément sur la famille, France Quéré a d’abord
mis en évidence les effets pervers produits par les récentes modifications
qu’a connues la famille. Très hiérarchisée auparavant, la famille évolue
aujourd’hui vers des bases plus souples. Le père a perdu de son autorité
ancestrale et les enfants jouissent de droits jusqu’alors inconnus. Les
femmes tendent à avoir les mêmes droits que les hommes.
Plus de divorce, plus de solitude
Ces acquis, selon la théologienne, n’ont pourtant pas rendu la famille
plus heureuse. Au contraire, elle s’en trouve même fragilisée. Ainsi les
changements des rôles dans le couple n’ont pas amené un réel partage des
tâches (en France, un homme s’investit aujourd’hui six minutes de plus que
son père ne le faisait dans les tâches ménagères). Ces changements ont créé
en outre une confusion néfaste qui affaiblit les liens du couple, affirmet-elle en relevant que l’union libre, par exemple, a eu des effets négatifs
pour la femme et les enfants. Statistiquement, une femme sur trois vit aujourd’hui seule en France et on estime pour les années à venir que ce sera
une femme sur deux.
Projetant un regard sur le futur, France Quéré estime que si dans un
proche avenir la situation de crise de la famille se maintiendra, "la prochaine génération reviendra certainement à des liens familiaux plus stables
et solides. (apic/pp/pr)