Genève, 24mai(APIC) La "Famille évangélique du Tiers-Monde", membre
associé du Rassemblement des Eglises et communautés chrétiennes de Genève
(RECG) et regroupant essentiellement des Africains francophones, a été
exclue du RECG lors de l’assemblée générale de celui-ci au mois de mai.
Depuis plusieurs mois, une crise couvait au sein du RECG, organisme qui
regroupe 19 Eglises. Il avait été notamment l’organisateur du rassemblement
de "Chrétiens pour l’an 2000" qui avait rassemblé plusieurs milliers de
personnes à Genève en novembre 1986.
Selon le pasteur Anne-Lise Nerfin, présidente du RECG, la décision a été
prise pour deux raisons essentielles : d’une part à cause des conflits interpersonnels et d’autre part, parce que la Famille avait engagé le RECG
dans une action politique et dans des recherches de fonds sans son accord.
Une affaire qui se termine mal tant pour les principaux intéréssés que pour
les membres du RECG.
La Famille évangélique oecuménique du Tiers-Monde est née en décembre
1985. Les premiers contacts avec le RECG datent de l’année suivante, mais
elle n’est devenue membre associé qu’en mai 1987. Elle regroupe des
Africains francophones membres de plusieurs Eglises (luthériens, baptistes,
méthodistes, catholiques romains, etc...). Leurs projets sont doubles :
intervention pastorale auprès de la communauté africaine à Genève et
réflexion et solidarité au sujet du développement.
Bien vite des problèmes se posent pour la Famille. D’après son président
actuel, Jean-Marie Rusimbuka, ce sont en grande partie des questions
d’ordre personnel et d’ambitions. Ce qui n’est encore qu’un conflit interne
va devenir un problème "public" au sein du RECG. Ce dernier est d’abord
pris comme arbitre, puis comme juge des conflits qui se développent dans la
Famille. Selon Jean-Marie Rusimbuka, cette dynamique a encore aggravé la
situation.
Finalement le comité de la Famille évangélique oecuménique du TiersMonde a donné sa démission. Mais cela n’empêche par le RECG de suspendre en
octobre 1988 le mouvement et de l’exclure le 1er mai dernier. Actuellement
la Famille se réorganise. L’objectif étant de reconstruire une organisation
d’Africains sur de nouvelles bases.
Quant au pasteur Anne-Lise Nerfin, elle regrette qu’on en soit arrivé à
une mesure d’exclusion, "car c’est contraire au principe d’unité qui est un
des fondements du RECG". Elle souhaite que le nouveau groupe puisse mieux
fonctionner et estime que la question d’une pastorale auprès des Africains
reste posée. Enfin, elle cite l’exemple d’autres Eglises - luthériens
anglophones, Ecossais - qui travaillent avec beaucoup d’Africains depuis
des années et ne connaissant pas de problèmes majeurs. (apic/pp/bd)