Genève: La Faculté de théologie protestante fait de la publicité (271189)
Genève, 28novembre(APIC) Les étudiants (es) en théologie: des rats de bibliothèques grignotant avidement des tonnes de savoirs poussiéreux et pratiquant avec passion l’exégèse du Pentateuque ou la philosophie ougaritique? Vous avez une réponse de retard. Aujourd’hui, un étudiant en théologie, ça respire la joie de vivre, s’intéresse aux problèmes actuels du monde, et tombe même amoureux de jeunes filles branchées... Tel est du moins
le scénario d’un film vidéo que la Faculté autonome de théologie protestante de Genève a produit pour se faire connaître auprès des jeunes.
Lorsqu’en 1987, la Faculté reçoit un don généreux, elle voit enfin l’occasion de réaliser un film vidéo la présentant. Car, si elle est à la fois
la plus ancienne et la plus petite, elle n’est en revanche pas, selon son
doyen, le professeur Albert de Pury, la moins intéressante. Au sein du docte corps professoral, on accouche bien entendu d’un projet de documentaire.
Mais la rencontre du professeur de Pury avec un professionnel de la télévision, Martin Graf, donnera une orientation: "Vous voulez intéresser les
jeunes, les collégiens?", explique-t-il, "alors il faut leur raconter une
histoire! Et les seules histoires intéressantes sont les histoires
d’amour!".
Ainsi prend corps l’histoire de Florent, étudiant en théologie, et de
Dominique, étudiante en mathématique, matérialiste et déchristianisée. Le
scénario raconte leur rencontre et la "fuite en avant" de Florent qui est
obligé d’expliquer son choix face à Dominique d’abord hostile, puis de plus
en plus amoureuse.
Ambassadeur de charme
Il y a - on s’en doute - un risque considérable à choisir cette histoire
où, somme toute, la Faculté fait appel aux charmes de ses étudiants. Mais
le résultat est à la mesure du risque: remarquable. L’ensemble sonne juste,
on apprend et on rit... on est touché. Certes, le personnage de Florent ne
donne qu’une image partielle de la Faculté de théologie et de ses étudiants, mais il en est que plus attachant. Et puis les professeurs n’ont
pas l’intention de lancer ce film parmi les collégiens sans descendre euxmêmes dans l’arène, prêts à répondre au dialogue qu’il aura suscité.
Cette production vidéo s’inscrit d’ailleurs dans une campagne de "promotion" qui a donné naissance, entre autres, à une plaquette de présentation
de la Faculté.
Tradition et ouverture
Ces efforts de promotion s’inscrivent dans le cadre d’une réflexion
"stratégique" menée depuis plusieurs années pour redéfinir le rôle d’une
Faculté de théologie à l’orée du troisième milliénaire. Entre un repli sur
un rôle de préparation au ministère ecclésial et une intégration pure et
simple à l’Université sous la forme d’une Faculté de sciences religieuses,
la Faculté, héritière de Calvin, a choisi une voie médiane: être à la fois
enracinée dans une tradition religieuse réformée et ouverte sur la culture
ainsi qu’intellectuellement rigoureusement honnête.
Dans cet esprit le nouveau plan quadriennal qu’elle vient d’adopter prévoit la création d’un Institut d’éthique. "Un Institut attaché à la Faculté
de théologie", explique le professeur Erich Fuchs, "mais ouvert largement
aux autres Facultés et au bénéfice de l’"Université entière". Ce plan prévoit en outre l’intégration dans la Faculté du projet "Esprit scientifique
et démarche théologique", la création de cours destinés au grand public, et
la promotion d’une théologie élaborée par des femmes. (apic/mgn/pr)