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    Rien de nouveau pour les pays du Sud

    Genève: La Conférence de l’OMC est occasion manquée, estiment les œuvres d’entraide

    Berne, 21 mai 1998 (APIC) La Conférence ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) à Genève s’est achevée mercredi. Pour la Communauté de travail - Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain, Helvetas et Caritas - la déclaration finale n’est malheureusement rien de plus qu’une série de belles paroles prononcées à l’occasion des 50 ans du GATT, sans aucun résultat concret.

    Les participants à la Conférence ministérielle de l’OMC ont vanté les mérites de la libération du commerce mondial, mais ont a très peu parlé des perdants de la mondialisation. Toujours selon les œuvres d’entraide suisses, les questions sociales, le chômage et la marginalisation des pays les plus pauvres et des groupes les plus défavorisés ont à peine été abordés.

    En tant que président de la Conférence, la Suisse a eu un rôle particulier à jouer. Elle a pourtant manqué l’occasion de donner l’image d’un pays au service d’un ordre économique plus équitable entre le Nord et le Sud. Au lieu de lancer de nouvelles initiatives en faveur des pays en développement, les représentants suisses n’ont fait que répéter les mesures qui ont déjà été prises depuis longtemps, comme l’accès préférentiel au marché suisse octroyé aux pays les moins avancés (PMA).

    La Communauté de travail estime que rien de nouveau n’a été entrepris dans les secteurs qui intéressent particulièrement les pays du Sud. Le marché des textiles, par exemple, reste hautement protégé. Ce secteur représente jusqu’à 70% des exportations des pays en développement. Mais le Nord y impose des droits de douane plus hauts que sur la plupart des autres produits. En matière d’agriculture, les subventions à l’exportation, notamment de l’Union Européenne, permettent de brader les produits alimentaires. Ce dumping ruine les petits paysans du Sud, incapables de faire face à cette concurrence déloyale. En revanche, depuis 1995, les pays du Sud ont dû faire de grandes concessions sur les télécommunications et les services financiers.

    Le GATT existe depuis 50 ans, mais 1,3 milliard d’êtres humains vivent encore avec moins de 1,50 franc suisse par jour. Le succès de l’OMC dépend à présent de sa capacité à améliorer les conditions de vie des populations. Mais un véritable débat sur le rôle du commerce dans la lutte contre la pauvreté n’a pas eu lieu à Genève. Encore une occasion de manquée, conclut la Communauté de travail. (apic/com/ab)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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