Genève: La Commission Tiers Monde de (181092)
Que devient le "choix des pauvres ?", se demande la COTMEC
Genève, 18octobre(APIC) La COTMEC (Commission Tiers Monde de l’Eglise
catholique) à Genève se demande ce que devient "le choix des pauvres" fait
par l’Eglise catholique lors des rencontres épiscopales de Medellin et Puebla. Plusieurs événements récents en Haïti ou au Brésil ainsi que la messe
du pape à Saint-Domingue, suscitent l’inquiétude de la COTMEC.
Dans un communiqué publié en fin de semaine, la COTMEC déplore que le
pape ait célébré dimanche dernier, 11 octobre, la messe sur l’esplanade du
"phare à Colomb". Elle se déclare "consternée" par le choix de ce lieu, car
ainsi, même si ce n’était pas son intention, "l’Eglise ’officielle’ s’est
située - physiquement - du côté de ceux qui ont chassé dix mille familles
pauvres pour édifier un monument prétentieux, symbole de faste et de gloire
pour un pouvoir méprisant les droits de l’homme...".
La COTMEC regrette que c’est l’image qui restera dans les esprits, alors
que les demandes de pardon pour les erreurs du passé, les appels à la solidarité, les plaidoyers pour plus de justice en Amérique latine, la reconnaissance de la culture indienne ou afro-américaine, qui doivent être appréciés à leur juste valeur, ne suffiront pas à l’effacer.
"Ce choix, malheureusement, en confirme d’autres", lance la COTMEC, qui
dénonce la politique diplomatique du Vatican à l’égard de Haïti et la situation dans l’archidiocèse de Recife, au Brésil, où Mgr José Cardoso
"s’est empressé de défaire l’oeuvre de son prédécesseur", Dom Helder Camara. "Ces faits, parmi d’autres, traduisent des options de la hiérarchie de
l’Eglise catholique qui blessent et désespèrent de nombreux chrétiens
attachés aux espérances suscitées par le dernier Concile".
Alors, que devient "le choix des pauvres"? Pour la COTMEC, il est vécu
par les opprimés qui luttent pour reprendre en main leur propre destinée,
par une multitude de chrétiens - dont d’innombrables prêtres et religieuses
- qui habitent dans les bidonvilles, parmi les gens de la rue, au milieu
des paysans sans terre. "Ceux-là sont l’Eglise, autant que la hiérarchie.
Ceux-là évangélisent, ceux-là proclament Jésus-Christ, par toute leur existence, par le lieu où ils se situent, par les choix qu’ils font. Ceux-là
reçoivent des coups, ceux-là, parfois, donnent leur vie, comme Mgr Romero.
Et portent du fruit en abondance".
La COTMEC salue finalement le choix du Prix Nobel de la paix décerné à
la militante amérindienne Rigoberta Menchu et espère que la rencontre
épiscopale latino-américaine qui se déroule en ce moment à Saint-Domingue
"réponde à la soif de libération des Indiens, des Noirs et des majorités
exploitées, en fidélité avec l’expérience vécue par les Eglises locales
depuis Medellin et Puebla". (apic/com/be)