Genève, 25janvier(APIC) Le Centre catholique d’études (CCE) avait invité
lundi soir le médecin et théologien genevois Bertrand Kiefer à l’aula de
l’Université pour parler de "La question de la bioéthique". Une centaine de
personnes assistaient à cette première conférence publique de l’année du
CCE.
Le Dr. Kiefer a illustré son propos par le passage de diapositives. Dans
un premier temps, il a présenté le processus de fécondation, l’évolution de
l’embryon, la fécondation in vitro. Mais l’essentiel du propos était ailleurs et allait bien au-delà des questions techniques et scientifiques.
Pour Bertrand Kiefer, ce qui est en jeu derrière les nouvelles recherches technologiques, c’est la vision de l’homme. Trois principes guident la
vision de l’Eglise catholique : l’unité de la personne humaine, sa dignité,
et enfin, la dignité de l’acte conjugal. D’une part, l’homme doit être
considéré comme une totalité, corps et esprit. D’autre part, la dignité de
la personne est en jeu si l’on prend comme critère de décision d’une
intervention médicale le seul désir subjectif des époux. Enfin, la dignité
de l’acte conjugal, que l’Eglise a toujours défendue, interdit la
procréation humaine en dehors de l’acte spécifique de l’union conjugale.
La fécondation in vitro est inacceptable
Ces principes anthropologiques fixés, il s’est attaché à remettre en
cause les conceptions qui situent le début de la vie humaine lorsque l’enfant est désiré par les parents ou prêt à être reconnu par la communauté
ecclésiale. Le Dr. Kiefer a voulu démontrer que "dès le premier instant,
dans l’ovule fécondé, se trouve fixé le programme de ce qui sera ce vivant". Dès lors, il doit être considéré comme une personne et on doit lui
reconnaître tous les droits. Par conséquent, la fécondation in vitro ne
peut être acceptée car elle implique la destruction d’embryons surnuméraires.
L’orateur a refusé catégoriquement toute manipulation génétique : les
tentatives de fécondation entre gamètes humains et animaux, la localisation
d’embryons humains dans des utérus d’animaux ou artificiels, le clonage, la
sélection selon le sexe ou selon d’autres critères, l’eugénisme... Il refuse aussi toute commercialisation que peuvent faire les banques de sperme ou
les mères porteuses. Il s’est enfin élevé contre la conception qui veut
qu’un couple ait un droit à l’enfant : "Il n’y a pas de droit sur une personne, c’est un don de Dieu". Quelques questions persistent. Une éthique ne
devrait-elle pas aller au-delà du "permis-défendu" et permettre aux gens,
en les interpellant, de progresser? Les médecins, les scientifiques, n’ontils pas aussi conscience des enjeux éthiques de la biotechnologie, d’ou la
création de Comités d’éthique et la publication d’ouvrages critiques? Comme
on le voit, le débat est loin d’être clos. (apic/pp/be)