Genève: L’ENPG adopte de nouvelles structures (011092)
à l’heure ou s’annonce la nouvelle campagne de récolte de fonds
Genève, 1eroctobre(APIC) Les nouvelles structures de l’Eglise nationale
protestante de Genève (ENPG), une "confession de foi" ainsi que des déclarations de foi étaient présentées à la presse par les responsables de
l’ENPG mercredi 29 septembre à Genève. Autre objet présenté, moins neuf,
mais toujours d’actualité: les finances de l’Eglise. Dès le 1er octobre,
les murs du canton s’orneront d’affiches rappelant aux protestants genevois
que "leur Eglise a besoin du soutien de tous". Difficultés financières obligent, l’ENPG, qui renonce aux restaurations de bâtiments, prévoit de diminuer les dépenses de 20% en trois ans, ainsi qu’une réduction de la masse
salariale de 7%, d’où la suppression de 7 postes de travail. Un redécoupage
des paroisses du canton est en outre à l’étude.
Les modifications apportées aux structures de l’Eglise protestante genevoise, au terme de la révision partielle de sa Constitution et de ses règlements, se définissent par davantage d’ouverture, de simplification et de
visibilité, a résumé Joël Stroudinsky, vice-président du Conseil de l’Eglise. Le Consistoire, l’autorité supérieure de l’ENPG, est désormais élargi
aux représentants des ministères cantonaux qui siègeront aux côtés des délégués des 44 paroisses du canton. Le Conseil de l’Eglise (autrefois Conseil exécutif), né du Consistoire et dont il fait partie, assure l’autorité
par délégation. Le Conseil de l’Eglise, formé d’au moins 7 membres, compte
une majorité de laïcs. La présidence de l’Eglise revient obligatoirement à
l’un ou l’une des membres du Conseil. Quant au Consistoire, il est présidé
par le vice-président du Conseil.
La "déclaration de foi" de l’ENPG se veut la carte de visite de l’Eglise. Même si l’actuelle Constitution de l’ENPG n’impose pas de texte normatif, il paraissait nécessaire, a expliqué le professeur de théologie Henry
Mottu, d’avoir le courage de préciser de façon positive "ce que nous croyons et confessons". Pour un usage liturgique, interne à l’Eglise, les "confessions de foi", également adoptées par le Consistoire de juin dernier,
rassemblent une dizaine de textes, anciens et modernes, qui reflètent la
sensibilité protestante d’aujourd’hui.
L’occasion de présenter ces "nouveautés" était aussi celle de parler des
difficultés financières que connaît l’Eglise genevoise. Dés jeudi, 1er octobre, des affiches rappelleront aux protestants du canton la nécessité de
soutenir leur Eglise. Le message se veut discret. Une phrase accroche le
regard, elle est de Vincent Van Gogh: "Lisez la Bible, tout bonnement, et
l’Evangile: cela donne à penser, et beaucoup à penser, et tout à penser".
Les protestants genevois, aujourd’hui minoritaires - ils sont quelque
99’000 pour une population d’environ 380’000 habitants, dont près de
200’000 catholiques - l’entendront-ils? L’an dernier, ils ont versé 12 millions de contributions ecclésiastiques.
Plusieurs exercices déficitaires ont conduit les responsables de l’ENPG
à s’interroger sur les moyens de diminuer les dépenses. Une vaste consultation, lancée au début de l’année, a permis de dégager les priorités dont la
première demeure la mission de l’Eglise, a rappelé Nicole Fatio, présidente
de l’Eglise genevoise.
Sur le plan financier, l’objectif fixé consiste à diminuer les dépenses
de 20% en trois ans. Les recettes de l’ENPG, provenant des contributions
volontaires des fidèles, ne couvrent plus les dépenses constituées pour 76%
par les charges salariales et pour 12% par la restauration des bâtiments
appartenant à l’Eglise. Les compressions budgétaires décidées pour 1993 affectent directement la masse salariale qui sera diminuée de 7%. En clair,
sur la centaine de ministres, pasteurs et diacres que compte l’ENPG, 7 postes disparaîtront, soit supprimés, soit laissés vacants. Quant aux restaurations, l’Eglise genevoise y renonce sans l’assurance d’un budget équilibré. Dans le même temps, elle se propose de créer une fondation chargée
précisément de réunir les fonds nécessaires à toutes restaurations de bâtiments.
D’autres stratégies sont envisagées pour le long terme. Héritées de
l’histoire, les limites géographiques des paroisses ne correspondent plus à
la réalité d’aujourd’hui, aussi un redécoupage est-il à l’étude. La formation de laïcs leur permettant d’exercer des tâches administratives, de visites, d’enseignements ou même liturgiques, incombant jusqu’ici aux pasteurs ou diacres, est également à l’ordre du jour. Enfin une vaste campagne de visites auprès de tous les protestants du canton sera organisée
d’ici 1994. (apic/spp/pr)