Genève: l’empreinte de Calvin toujours présente (110791)
Genève, 11juillet(APIC) Après l’introduction de la réforme à Genève il y
a 450 ans, l’influence de Calvin persiste dans la ville de Genève, surtout
dans les sphères dirigeantes, parmi les "notables". C’est ce que révèle
l’ouvrage du pasteur et sociologue Daniel Alexander et de Peter Tschopp,
professeur d’économie politique à l’Université de Genève, intitulé "Politique et Finance. L’empreinte de Calvin sur les notables de Genève", qui
vient de paraître aux éditions "Labor et Fides".
C’est en 1985, à l’aube des commémorations du 450e anniversaire de la
Réformation à Genève, qu’est née l’idée de s’interroger sur l’empreinte
laissée par Calvin dans sa cité. Les auteurs ont interviewé trente-deux
notables de Genève, politiciens de tous bords, syndicalistes, banquiers,
hommes d’affaires, artistes et professeurs d’université, à partir de quatre
thèmes: la notion de salut (cruciale chez Calvin), la vision de la loi,
l’éthique professionnelle et les institutions.
L’ensemble de ces entretiens constitue la première partie de l’ouvrage.
Il en ressort deux tendances opposées: celle d’inspiration libérale qui se
réclame de la tradition calviniste et celle qui représente les forces de
progrès, héritière d’une morale plus sociale.
La deuxième partie, plus critique, est intitulée "Regards sur le calvinisme genevois". Elle rassemble les commentaires et critiques de six observateurs sur ces entretiens. parmi eux, des professeurs de théologie, André
Bieler, Jean-Marc Chappuis (décédé en 1987) et Roger Mehl, doyen de la Faculté de théologie de Strasbourg, et le Père jésuite Jean-Blaise Fellay,
rédacteur en chef de la revue "Choisir". La plus pointue de ces critiques
émane de ce dernier, qui déplore la rareté, voire même l’absence de références religieuses dans le comportement quotidien des notables. Le legs
calvinien s’est sécularisé, constate pour sa part Peter Tschopp, l’un des
auteurs. On en a gardé un certain nombre de préceptes moraux, comme le souci du travail bien fait, la frugalité, l’absence d’ostentation. Mais au-delà de ces caractéristiques, qui se retrouvent dans d’autres cités, subsite
sans doute ce qu’il est convenu d’appeler "l’Esprit de Genève": une capacité d’accueil, qui lui vient de la Réforme. (apic/spp/sjb)