Genève: Journées théologiques protestantes (090192)
Genève, 9janvier(APIC) Articulées cette année autour du sujet "Racine et
greffe, judaïsme et christianisme en chemin", les Journées d’études organisées annuellement par la Compagnie des pasteurs de Genève ont pris fin mercredi avec un exposé en forme d’interpellation de Hans Ucko, pasteur luthérien et conseiller auprès du secrétaire général du Conseil oecuménique des
Eglises (COE).
Avec son exposé sur "Le dialogue judéo-chrétien: diagnostic et pronostic", Hans Ucko est retourné aux sources historiques du christianisme. Aux
temps où l’Eglise n’était qu’une minorité dans l’ombre du judaïsme. Suivant
ensuite un fil chronologique, l’orateur a évoqué la volonté tentaculaire de
développement de l’Eglise et la résistance juive. Parce qu’ils n’ont pas
accepté d’être enblobés dans l’universalité chrétienne, les juifs ont alors
été rejetés, dénigrés même, par les chrétiens. Enfin, le pasteur luthérien
est parvenu, en évoquant Auschwitz, à la source peu claire du dialogue judéo-chrétien actuel.
Car si, dès la fin de la seconde guerre mondiale, un dialogue s’est
amorcé entre chrétiens et juifs, c’était principalement sur la base du remords. La culpabilité est ainsi devenue un ciment avec lequel se sont construits des ponts entre les deux communautés. Une telle construction a mené
les chrétiens à prendre partialement parti pour Israël sans aborder toutes
les questions liées aux droits des Palestiniens.
Sur de nouvelles bases
Pour Hans Ucko, il est nécessaire aujourd’hui de fonder le dialogue sur
autre chose que le souvenir des horreurs passées. "Il est en effet humiliant d’être vu comme des documents apocalyptiques", affirme le pasteur.
Pour enfin aboutir à un dialogue constructif, il faudrait, dit-il, que
chrétiens et juifs réfléchissent maintenant sur la manière de se rencontrer. Même si cela doit se concrétiser en un véritable défi pour la théologie, en un changement de paradigme. "Mais l’Eglise a déjà dû faire face à
bien des changements", a conclu avec espoir, Hans Ucko.
Au cours de ces trois journées les pasteurs genevois ont pu entendre
plusieurs représentants de la communauté juive: les rabbins Alexandre Safran et François Garaï, le professeur Jean Halpérin, directeur du Centre
d’études juives, et le professeur Benjamin Gross, enseignant la philosophie
juive en Israël. (apic/fc/pr)