Genève: journées des Aumôneries protestantes francophones (180491)
Genève, 18avril(APIC) Les 18e journées des Aumôneries protestantes francophones se sont tenues du 14 au 17 avril à Genève. Organisées par les Aumôneries protestantes des Institutions hospitalières genevoises, elles
avaient pour thème "Former, se former". Pendant 4 jours, diverses activités, conférences, rencontres, ateliers et une réflexion biblique ont été
proposés aux quelque 130 congressistes venus de Suisse romande et des pays
voisins.
C’est dans les années 70 que la relation d’aide et de soin a été étudiée
pour la première fois. Ce que l’on a alors appelé le "burn out syndrom",
qui fait que les soignants et les aumôniers "se consument de l’intérieur"
sous le coup de la souffrance, de l’impuissance et de la mort auxquelles
ils sont quotidiennement confrontés, venait de voir le jour.
Au cours d’une table ronde menée par un infirmier spécialisé dans le domaine des soins palliatifs, par le secrétaire général de l’hôpital cantonal
de Genève, une pasteur aumônier, un médecin anèsthésiste et par Mme Phyllis
Smyth, pasteur au Royal Victoria hospital de Montréal (Québec) et enseignante auprès des aumôniers et du personnel soignant, les participants ont
partagé leurs propres expériences de soignants et d’accompagnateurs et essayé de cerner ce qui conduit au "burn out syndrom".
Les congressistes ont entre autres causes relevé "l’impuissance à aider
les autres qui se trouvent dans des situations extrêmes; l’incompréhension
rencontrée par les aumôniers..." Tout cela laisse dans l’âme des soignants,
comme dans celle des aumôniers, des cicatrices qui, parce que sans cesse
rouvertes, engendrent des réactions émotionnelles tant psychologiques que
religieuses qui peuvent aller jusqu’à mettre en danger la vie des soignants
eux-mêmes.
Quels remèdes?
"La communication demande du temps passé ensemble", devait rappeler un
des intervenants, en relevant qu’il faut "travailler en équipe" et essayer
de "maintenir un lien, une communication jusqu’au bout, la réconciliation
avec soi-même et avec Dieu est à ce prix". Un autre intervenant a parlé du
"sentiment d’inutilité ressenti devant certains malades". Que signifie
"prolonger la vie à tout prix", lorsque le prix à payer est, pour le malade, "lourd en soins agressifs?" Les relations entre les diverses branches
de soignants on également été abordées: "Une meilleure concertation entre
les équipes médicales et paramédicales pourrait contribuer à alléger certaines situations".
Interrogé en sa qualité de prêtre ouvrier, un aide soignant a rappelé
que "face à la souffrance il fallait montrer beaucoup de pudeur. L’annonce
de la Bonne Nouvelle ne peut se faire qu’à travers un Christ qui s’arrête
et mobilise toute son énergie humaine et divine pour réparer ces malheurs
que sont la maladie, la souffrance et la mort". "A l’hôpital, a-t-il conclu, dire Dieu au mourant, c’est d’abord se taire". (apic/ecl/pr)