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    Fécondation in vitro: certitudes et ouverture

    Genève: journée de formation des permanents d’Eglise (070288)

    Genève, 7février(APIC) Le pari a été tenu. Le Département de la Formation

    de l’Eglise catholique de Genève a permis que la Journée d’étude du jeudi 4

    février sur la FIVETE (fécondation in vitro et transfert d’embryon) se

    déroule selon une approche pluridisciplinaire et dans le respect des convictions de chacun.

    Si l’approche psychanalytique a mis en évidence les enjeux inconscients

    de la maternité, aucun orateur ne s’est cantonné dans sa spécialité. Une

    question a été affrontée par tous les participants: le statut de l’embryon,

    objet ou personne? C’est Blaise Bourrit, gynécologue, qui a ouvert les

    feux. Il a d’abord énuméré les causes de stérilité qui affecte autant

    l’homme que la femme. Puis, il a présenté la technique de la FIVETE, l’insémination avec donneur, le cadre éthique fixé par l’Académie suisse des

    Sciences et les modalités légales cantonales.

    Deux thèmes ont plus particulièrement retenus son attention: les sentiments qui animent le couple ayant recours à l’in vitro et le statut de

    l’embryon. "Il n’est ni objet, ni personne, je préfère le qualifier de

    pré-embryon ou de vecteur génétique", a affirmé le Dr Bourrit. Toujours selon ce médecin, le seuil de l’animation se situerait plutôt au stade de la

    nidation de l’ovule dans l’utérus. Jusque là, même lors d’une fécondation

    naturelle, il y a 50 pour cent des ovules fécondés qui sont éliminés. Mais,

    quelque soit la définition du seuil, on ne saurait banaliser l’intervention

    médicale. A la fin de son intervention, le Dr Bourrit s’est fait l’écho du

    cri du coeur du Dr David, mettant en évidence les qualités de la demande

    des couples stériles.

    Désir et deuil

    Franceline James, psychanalyste, a su proposer plusieurs suggestions

    stimulantes. L’homme doit être appréhendé dans sa dimension culturelle et

    psychique dont il est tributaire. Toute maternité est porteuse de l’écart

    entre l’enfant imaginaire et réel. Il ne s’agit pas d’occulter cette ambivalence, mais il faut faire le deuil de l’enfant idéal. Ainsi on est prêt à

    accepter l’autre comme émergence de l’altérité.

    De plus, ce fantasme de l’enfant parfait est exacerbé par les prétentions scintifiques et médicales. Il faut se libérer de l’idée de l’enfant à

    tout prix. Faire le deuil de sa stérilité est la condition pour s’ouvrir à

    la procréation assistée, à l’arrivée d’une personne qui ne peut être qu’

    autre. Ainsi, le droit de l’enfant doit remplacer le droit à l’enfant. On

    ne saurait mieux préparer les interventions des éthiciens!

    Science et conscience

    Pour le pasteur Eric Fuchs, il faut d’une part faire la différence entre

    l’éthique comme fonction régulatrice et l’éthique constitutive de valeurs

    de légitimation. Le chrétien, dans sa tâche de définition des valeurs essentielles, doit se confronter à une société pluraliste. Son rôle est moins

    d’interdire que de focaliser l’attention sur les questions incontournables.

    Ainsi, la Bible permet de dégager trois éléments de discernement: la loi de

    Dieu nous dit que nous sommes maîtres ni de notre existence, ni de celle

    des autres, que nous sommes interdépendants avec l’autre, et que l’homme

    est appelé à la liberté et doit donc se garder de la toute-puissance de la

    science.

    Trois implications découlent de ce postulat: le respect du don de la

    vie, le respect de la liberté d’autrui et de sa responsabilité, et la recherche honnête d’un concensus sur les limites de la science. Pour le

    pasteur Fuchs, dans cette optique, la FIVETE homologue ne pose pas de problème majeur.

    Le Père Roger Berthouzoz, OP, a exposé les grandes lignes de l’Instruction romaine "Donum". Elle s’articule autour de trois convictions: l’unité

    de la personne humaine dès la fécondation, la dignité de l’être humain, la

    dignité et l’unité de l’acte conjugal. De cela découle le refus de toute

    procréation assistée.

    Ouverture

    Lors de la table-ronde qui a terminé la journée, les participants ont

    répondu aux questions soulevées dans les carrefours. Les préoccupations ont

    tourné notamment autour de la définition du statut de l’embryon. Au-delà

    des affirmations du Dr Bourrit et du document romain, le Père Berthouzoz et

    le Docteur Albert Mégevand ont ouvert d’autres brèches: le seuil de l’animation, la statut du pré-embryon qui n’aboutit à la nidation qu’une fois

    sur deux, la prise en compte de la souffrance du couple stérile, le refus

    d’une éthique qui se présente dans une logique du "permis-défendu", l’appel

    à un dialogue avec le médecin et le couple, la responsabilisation de la

    personne et l’impossibilité d’une réponse scientifique.

    La journée d’étude a donc davantage ouvert un débat qu’apporté des

    conclusions. Mais une affirmation fait l’unanimité: la FIVETE est un acte

    grave; le pire des drame serait de le banaliser. (apic/pp/bd)

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