Genève : Journée d’étude oecuménique sur (170989)
Genève, 17septembre(APIC) L’AGORA (Aumônerie genevoise et oecuménique auprès des requérants d’asile) a mis sur pied samedi 16 septembre à Genève
une journée d’étude sur les réfugiés, le refuge et le droit de résistance.
Trois moments forts au cours de cette journée : deux témoignages sur les
actions menées à Genève, une étude et une réflexion bibliques et, enfin, un
exposé sur les fondements et les limites du droit de résistance.
Les participants, une cinquantaine, ont pu écouter les deux témoignages.
L’un porté sur l’action menée par le PADAK (Pas d’accord avec Arbenz et
Kopp), c’est à dire la grève des impôts pour faire pression sur la politique d’asile, l’autre sur des refuges organisés dans le quartier de la Servette. Pour sa part, le dominicain Bernard Bonvin a animé une étude et une
réflexion bibliques sur le chapitre 5 des Actes des apôtres où Pierre affirme qu’il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.
Eric Fuchs, professeur d’éthique à la Faculté de Théologie protestante
de Genève, a évoqué les textes bibliques qui fondent la réflexion politique
pour les chrétiens. Il a également énoncé les deux principes fondamentaux
de la théologie politique : le refus de la sacralisation du pouvoir - seul
Dieu a un pouvoir absolu - et la fonction politique comme service de la
communauté et exigence de justice.
Cette exigence de justice est d’abord un don de Dieu, a-t-il affirmé. La
promesse que Dieu fait aux hommes de vivre dans sa bonté, c’est le dessein
de Dieu. Et cela entraîne comme conséquence pour les hommes l’exigence de
pratiquer aussi cette justice. Elle consiste, comme le réclame le respect
des dix commandements, à faire attention de ne pas remplacer le seul Dieu
par de faux dieux, ce qui ouvrirait la porte à tous les totalitarismes, et
à respecter la liberté d’autrui.
A ces deux notions, il faut encore ajouter l’exigence de solidarité que
les chrétiens doivent pratiquer. Ces principes sont à la base du droit de
résistance qui ne ne se conçoit que dans un Etat de droit. En effet dans un
système totalitaire il n’y a pas de possibilité pour un droit de résistance. Et c’est quand ces principes sont oubliés que le droit de résistance se
justifie.
Il faut aussi délimiter ce droit de résistance, précise Eric Fuchs. Il
doit s’exercer dans le respect du droit fondamental des autres. Il faut
éviter l’arbitraire ou l’instrumentalisation, par exemple imposer le droit
d’une minorité en privant les autres de leurs droits. Le droit de résistance de justifie, conlut-il, quand la majorité oublie le droit ou la morale
politique pour relancer ou pour ouvrir un débat. (apic/pp/bd)