La fécondation "in vitro" sur la sellette
Genève, 3février(APIC) Pour la Journée d’étude de l’Eglise catholique à
Genève, jeudi 4 février, prêtres et permanents de l’Eglise vont se retrouver autour d’un thème qui n’a pas fini de faire couler de l’encre : la FIVETE, la fécondation "in vitro" et transfert d’embryon (s). Ils seront en
compagnie de médecins pédiatres, psychologues, gynécologues et de théologiens protestants et catholiques.
Sans préjuger des réflexions de jeudi, le Père Roger Berthouzoz, dominicain et professeur d’éthique, et l’un des organisateurs de cette Journée
d’étude, a présenté à l’agence APIC les raisons et les objectifs de cette
rencontre.
L’objectif est double, relève le P. Berthouzoz : il s’agit d’une part de
commencer un processus de réflexion sur des questions urgentes de bioéthique et d’autre part de dégager des orientations pour la pratique des chrétiens et la formation de la conscience de l’homme.
Pourquoi alors avoir fait appel à différents spécialistes : médecins,
psychologues, théologiens de différentes confessions ? "Il me semble que
l’ouverture de la journée à plusieurs personnes est caractéristique de
notre travail. Je juge très important d’approfondir avec d’autres la réflexion qui précède une décision éthique. Le premier moment est de connaître la pratique effective de la procréation assistée et du diagnostic
prénatal. Ensuite, il faut mettre à jour les dimensions constitutives, en
particulier, l’expression du désir d’enfant chez un couple stérile".
Le travail proprement éthique, toujours selon le Père Berthouzoz, vise à
discerner les enjeux humains et chrétiens de techniques récentes qui ont
pour but de pallier à des déficiences organiques. dans ce cadre, il faut
articuler l’aspect éthique et, pour les chrétiens, le message de la révélation sur le mariage et sur le sens de la procréation. Il s’agit de mettre
en évidence l’approche catholique et de chercher les convergences avec celle des protestants.
Un autre des objectifs de ce dialogue est de manifester une proposition
cohérente des chrétiens sur le fondement des valeurs à promouvoir et attester dans nos sociétés ce qui touche au mariage et à la procréation. L’esprit de dialogue doit nous orienter dans nos rapports avec les chrétiens et
l’ensemble de la société pour faire valoir des valeurs incontournables. Cet
esprit d’ouverture signifierait-il que l’Instruction de la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi ("Donum vitae") pourrait être discutée?
"Il y a un approfondissement nécessaire de certaines questions, ou l’évidence de l’argumentation n’apparaît pas à beaucoup de chrétiens", conclut
le Père Berthouzoz. (apic/pp/be)