Genève, 16mai(APIC/Paolo Piccinini) Sr Emmanuelle qui s’occupe depuis
1971 de chiffoniers au Caire vient de terminer une tournée de conférences
en Suisse romande. A Genève même, elle a parlé en plusieurs endroits. Une
occasion pour l’agence APIC de lui demander quelques précisions sur son
travail actuel.
APIC : Sr Emmanuelle, quels sont vos projets actuels ?
Sr Emmanuelle : C’est le Soudan. La sitation est dramatique, le pays est en
guerre et connaît des milliers de réfugiés. Les enfants sont
particulièrement victimes de cet état de chose. Nous nous occupons
d’environ 10.000 enfants. Nous leur donnons des repas et avons même pu
construire des écoles en roseaux.
A quels problèmes sociaux et humains êtes-vous confrontés ?
La faim et la santé sont deux grandes questions. En Egypte, je n’ai pas
rencontré des gens qui mouraient de faim. La santé de toutes ces populations nous crée aussi beaucoup de soucis. Mais il ne faut pas sous-estimer
les questions sociales, ces enfants sont souvent sans famille et ils sont
amenés à connaître la drogue, le vol, la prostitution. Ainsi dans un foyer
d’une quinzaine d’enfants, trois avaient la syphillis...
L’Islam devient de plus en plus une religion d’Etat et souvent les gouvernements font preuve d’autoritarisme et d’intolérance. Qu’en est-il par rapport à votre travail ?
Les pays et les gouvernements comme le Soudan ne peuvent pas faire face à
des miliers de réfugiés. L’aide privée leur est absolument nécessaire et
les rapports que j’entretiens avec les responsables politiques sont
excellents. Je viens de rencotnrer le Ministre de l’Hygiène soudanais. Mme
Moubarak et le gouverneur du Caire m’appuient dans leur pays.
Et la solidarité internationale ?
Je reçois un soutien à plusieurs niveaux dans les pays occidentaux. Des
soutiens individuels, d’organismes non-gouvernementaux, d’associations caritatives chrétiennes et aussi des Etats, mais surtout de la part de la
communauté européenne. Son président, Jacques Delors, nous a beaucoup aidé
en Egypte, soit pour une usine de compostage, soit pour un village-pilote.
(apic/pp/bd)