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    Entre violence et tendresse

    Genève : interview de Guy Gilbert (150488)

    Genève 15avril(APIC/ Paolo Piccinini) De passage mercredi à Genève pour

    une conférence, Guy Gilbert, accompagné de l’éducateur genevois Gilles

    Bertolini, a accordé une interview à l’agence APIC.

    La première question qui se pose lorsqu’on parle de la marginalité

    concerne les possibilités de réinsertion des personnes exclues. Le prêtre

    éducateur ne croit pas aux chances de la réinsertion : "Ce qu’il faut,

    c’est une réelle politique de prévention. Et ce qui fait problème en

    France, c’est le changement des ministres concernés, qui implique chaque

    fois une nouvelle orientation. Ainsi, par exemple, avec Badinter, ancien

    ministre de la justice, le drogué était appréhendé comme une personne

    nécessitant des soins. Avec le nouveau ministre Chalandon, il est devenu un

    délinquant".

    Pour Guy Gilbert, la jeunesse a un urgent besoin de valeurs que ni la

    société ni la famille ne se chargent plus de transmettre. Ce manque est à

    l’origine de beaucoup de cas de marginalisation. Cet avis est partagé par

    Gilles Bertolini qui affirme : "Les marginaux n’ont pas appris à gérer

    leurs sentiments". Ceci amène l’éducateur à assumer un rôle de référent, à

    fixer des limites aux jeunes avec qui il travaille.

    Sur la question de la violence, les avis divergent. Pour le Père Guy

    Gilbert, il est salutaire qu’elle se manifeste, "c’est beau et libérateur

    si un gars insulte un patron qui l’a traité injustement". A l’inverse,

    Gilles Bertolini estime que l’on doit mettre en garde les jeunes sur la

    "mauvaise" gestion de leurs propres sentiemnts. Pour lui, "la marginalité

    subie n’est pas du tout libératrice. Et se faire licencier pour insultes

    alors qu’on n’a pas le choix d’un autre emploi peut devenir dramatique".

    La discussion a porté ensuite sur l’attitude de Guy Gilbert face aux

    actes criminels. Selon lui, il faut distinguer l’acte de la personne. Si la

    mort récente à Genève d’une femme âgée à la suite d’une agression ne peut

    qu’être condamnée, il faut absolument se demander les raisons qui ont

    pousser les auteurs du crime à agir ainsi. "Derrière ces actes, on décèle

    souvent un monde de misère. Le chrétien ne condamne jamais sans justifier,

    il essaie de comprendre", affirme Guy Gilbert. Sa réaction est la même par

    rapport au dernier détournement d’avion au Koweit.

    Une autre question que nous avons voulu aborder concerne "le phénomène

    médiatique Guy Gilbert". Il ne conteste nullement représenter une

    "vedette". Il est conscient que les gens se déplacent aussi pour voir le

    prêtre au blouson noir et au langage pour le moins coloré. Nous nous

    demandons quant à nous s’il ne tombe pas trop facilement dans le piège.

    En dernier lieu, le Père Guy Gilbert a voulu s’adresser aux jeunes en

    leur parlant de l’amour. Sans nier les difficultés d’aujourd’hui, il lance

    un appel à la jeunesse en lui demandant de se souvenir que l’amour n’est

    pas qu’un rapport sexuel ou une rencontre de hasard. La tendresse existe,

    il faut sa mettre à sa recherche... (apic/pp/ym)

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