Genève, 21février(APIC) "La liberté religieuse, condition pour vivre ensemble la paix", c’est sur ce thème donné par Jean Paul II pour l’année 88
que Mgr Justo Mullor Garcia, nonce apostolique, observateur permanent du
Saint-Siège, est intervenu lors de la 44ème session de la Commission des
Droits de l’Homme à l’ONU à Genève.
Pour Mgr Mullor, "le fond du problème de la liberté religieuse n’est pas
dans l’acceptation théorique des principes. Le problème touche surtout le
sérieux de l’engagement pris de respecter ces principes. Il s’agit d’une
question d’éthique nationale et internationale". Il propose aux autorités
des nations qu’elles franchissent le seuil qui sépare l’affirmation des
principes des réalités quotidiennes.
Le nonce apostolique, malgré les difficultés qu’il y a à faire respecter
la liberté religieuse dans le monde, réaffirme la position du Saint-Siège
en faveur du dialogue entre les pays. Il se réjoiuit, dans ce sens, des efforts fournis par la Commission des Droits de l’Homme qui consacre depuis
deux ans une place grandissante à la liberté religieuse, "aspect fondamental du domaine des Droits de l’Homme". Mgr Mullor prône également
l’établissement d’une convention internationale en matière de liberté religieuse, en soulignant que "tout texte légal doit s’inspirer d’une réalité
et d’une vie".
Mgr Mullor rappelle également les deux chemins possibles dans le vaste
domaine des Droits de l’Homme: le compromis paralysant et l’engagement
constructif et loyal en faveur de toutes les victimes, privées de leurs
droits. Il cite dans ce sens Jean Paul II: "Sans liberté, les actes humains
sont vides, privés de valeur" étant donné que "la personne - dans son individualité d’homme et de femme - est le fondement et la fin de l’ordre social". C’est la deuxième approche, l’engagement constructif, qui "amène au
climat de liberté éclairée dont le monde a besoin pour entrer de bon pied
dans le troisième millénaire d’une ère qui a été ouverte par la naissance,
la vie et la mort de Jésus Christ, victime Lui aussi - comme d’ailleurs ces
premiers disciples - de l’intolérance en matière de religion".
Mgr Mullor a terminé son intervention en citant encore une fois Jean
Paul II: "La liberté religieuse, dans la mesure ou elle touche au domaine
le plus intime de l’esprit, est un fondement des autres libertés et en est
comme la raison d’être". (apic/bd)