Genève: Fonds spécial de lutte contre le racisme (220989)
La SWAPO se fait tancer
Genève, 22septembre(APIC) Le Conseil Oecuménique des Eglises (COE) et les
responsables du Programme de lutte contre le racisme (PLR) ont annoncé
vendredi 22 septembre au cours d’une conférence de presse tenue à Genève la
répartition des dons que se partageront 59 mouvements actifs contre le
racisme dans le monde. D’un total de 635’000 dollars, l’Afrique australe
reçoit 352’000 dollars (55%), dont 165’000 dollars iront à la SWAPO. Emilio
Castro, secrétaire général du COE s’est en outre fait l’écho des critiques
qui pèsent actuellement sur le mouvement de Libération de la Namibie.
Le secrétaire général du COE souhaite que toute la lumière soit faite au
sujet des assassinats et des tortures perpétrés dans les camps de prisonniers dont serait responsable la SWAPO et à propos d’une falsification à
laquelle se serait en effet prêtée la SWAPO. Selon des accusations précises, les Nations Unies aurait découvert qu’il y avait 35’000 réfugiés et
non 69’000 comme indiqué par la SWAPO dans son rapport au Haut Commissariat
des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Une information sur laquelle le
HCR à Genève garde un prudent silence.
Selon les critères d’attribution du fonds spécial de lutte contre le racisme, les sommes accordées sont destinées à des organisations dont les objectifs ne sont pas en contradiction avec les but du COE. En outre, ces
dons sont versés à des organisations qui luttent contre le racisme afin de
favoriser la prise de conscience des victimes de l’oppression raciale. Il
est aussi stipulé que "la situation en Afrique australe est considérée comme prioritaire" d’où l’attribution de 352’000 dollars à 4 organisations de
la région qui se taillent la part du lion: le Congrès national africain
(ANC) reçoit 100’000 dollars, le Congrès pan-africaniste d’Azanie (PAC)
67’000, le Congrès sud-africain des syndicats (SACTU) 20’000, et la SWAPO,
enfin, et en dépit des accusations portée contre elle, qui se voit octroyer
165’000 dollars. Le reste étant distribué aux autres groupes des cinq continents.
Vingt-neuf groupes reçoivent des dons du Fonds spécial pour la première
fois. Ils travaillent contre l’apartheid dans 14 pays: du Brésil à la Nouvelle-Zélande, en passant par l’Australie, la France, les Pays-Bas, le Canada, le Costa Rica et la Suisse. La somme attribuée cette année est presque aussi élevée qu’en 1988, qui était une année record: 400’000 dollars en
1986, 539’000 en 1987 et 635’500 l’an dernier. Décidé par l’Assemblée du
COE en 1968, le PLR a été créé en 1969. Les premiers dons ont été distribués en 1970. Depuis lors, c’est un total de 8,716 millions de dollars qui
ont été distribués.
Revenant sur les accusations portées contre la SWAPO, Emilio Castro
s’est dit "attristé et choqué". "Nous avons encore accordé des dons à la
SWAPO car nous la considérions comme le représentant légitime de la Namibie. Maintenant, c’est aux élections de décider de l’avenir", a-t-il ajouté. Il a en outre affirmé avoir fait des démarches précises auprès de la
SWAPO afin de recueillir des informations. Les renseignements obtenus par
ceux qui accusent la SWAPO étant souvent imprécis. Il espère cependant que
toute la lumière soit faite par les enquêtes de l’ONU en Angola et en Zambie. "Si le COE avait été au courant plus tôt, il aurait certainement agi",
a précisé en conclusion Emilio Castro. (apic/pp/pr)