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    Le pouvoir des images et la vulnérabilité des médias

    Genève et Sion: fin de la 7e rencontre médias nord-sud (140491)

    Sion, 14avril(APIC) Les films d’indépendants projetés à Sion dans le cadre des rencontres médias nord-sud (RMNS) étaient "d’une grande qualité".

    C’est l’appréciation du jury qui a décerné samedi à Sion le prix "ValaisWallis 700 doté de 2’500 francs au meilleur d’entre eux, celui du français

    Patrice Barrat intitulé "Famine-Fatigue qui montre le pouvoir des images,

    mais aussi la vulnérabilité des médias. Un second jury, composé d’élèves du

    collège des Creusets à Sion a quant à lui retenu pour l’attribution de son

    prix le film "Bangolo", de Marianne Kaplan, primé pour son originalité et

    son côté pacifiste. Pour Gabrielle Nanchem, membre du Jury, le choix s’est

    révélé difficile.

    La 7e édition des Rencontre médias nord-sud a vécu. Organisée par l’Institut d’étude du développement de Genève, le Service de liaison non gouvernemental des Nations Unies, l’agence InfoSud (Lausanne) et la TV Romande

    avec notamment l’appui du canton et de la ville de Genève, de la Confédération et de Radio-Québec, ces rencontres ont pour la première fois connu une

    extension valaisanne souhaitée par l’Etat de ce canton et par la Commission

    "Valais-Wallis 700. Une première pour le Valais. Une double première puisqu’à côté du traditionnel concours de télévision à Genève, un concours destiné aux films de producteurs indépendants, diffusés du 8 au 11 avril à Genève et présentés du 11 au 13 avril à Sion, récompensait les deux meilleurs

    films. Tant à Genève qu’à Sion, des colloques publics sur le rôle des médias, avec la participation de réalisateurs, journalistes et écrivains du

    Sud, sont venus apporter un éclairage complémentaire et des témoignages

    souvent critiques. Le Sud est décidément bien oublié, déformé sinon méprisé.

    La première édition de la manifestation sous sa forme actuelle démarre

    en 1985. Les producteurs, les réalisateurs et les journalistes envoient à

    travers leurs chaînes de télévision de nombreuses émissions aux organisateurs. Les RMNS ont pour but de promouvoir une meilleure connaissance des

    problèmes liés au développement; de favoriser la diffusion de films du nord

    et du sud sur ces questions et créer un lieu d’échange entre responsables

    de chaînes de télévision, producteurs et réalisateurs; encourager un rééquilibrage entre le Nord et le Sud, notamment dans le domaine de la communication: analyser les grandes tendances qui se dégagent d’année en année

    dans le domaine du développement. Sur 61 films de producteurs indépendants

    reçus, 28 ont été visionnés et sélectionnés par le jury valaisan pour les

    deux prix attribués pour la première fois cette année aux producteurs indépendants.

    Doigt accusateur

    Genève et Sion: fin de la 7e rencontre médias nord-sud (140491). Ces deux critèrent

    ont été retenus par le jury pour attribuer son prix au film "Famine-Fatigue". Ils auraient pu l’être pour les 27 autres films présentés qui forment, pour beaucoup, autant de doigts accusateurs sur la manière dont le

    Sud est présenté dans le Nord, lorsqu’il l’est, sur les informations dont

    il est l’objet, sur l’oubli ou sur l’image négative dont il est victime.

    Doigt accusateur sur les comptes-rendus des médias américains et européens sur l’invasion américaine. Des comptes-rendus sur lesquels s’est penché

    "Invasion au Panama" réalisé en 1990 qui montre comment la plupart des reportages ont complètement obscurci la dévastation et les violations des

    droits de l’homme qui continuent au Panama comme résultat de l’invasion des

    militaires américains, mais aussi comment les médias sont devenus non seulement un instrument de censure et de tromperie, mais également de la politique étrangère américaine pendant et après l’invasion. Un ange passe... La

    guerre du Golfe offre trop de similitudes pour ne pas parler de manipulations, affirme à l’agence APIC Sony Labou Tansi, un écrivain congolais.

    Pouvoir des images et vulnérabilité des médias... Les étudiants présents

    dans la salle de projection ont en mémoire celles reçues de Roumanie au moment même où se déroulait l’invasion américaine du Panama. 70’000 morts en

    Roumaine, relataient comme un seul homme les médias qui du bout de la plume

    rectifiaient quelque temps plus tard en ramenant ce nombre à moins de 700,

    alors que le silence le plus total règnait au sujet des 4’000 victimes civiles du Panama. Les témoignages jamais diffusés que reprend "Invasion in

    Panama" sont-ils moins crédibles que ceux de Roumanie ou du porte-parole de

    la Maison-Blanche? La qualité des images est mauvaise, donnent pour prétexte les télévisions. Un ange passe. Et les étudiants sédunois interrogés demeurent interloqués face aux témoignages et aux chiffres avancés sous forme

    de bilan: 14 fosses communes découvertes ces derniers mois au Panama, des

    exécutions sommaires commises par l’armée américaine, plus de 4’000 civils

    tués, des quartiers détruits, incendiés, rasés, des civils, blessés ou

    morts, écrasés sur les routes par les chars américains, 20’000 sans-abri.

    "Qualité de l’image mon oeil", lance dépité, un élève du collège des Creusets.

    L’Europe a une chance qu’elle ne sait pas saisir, relève pour sa part un

    écrivain du Mali: la plupart des ethnies africaines y sont représentées,

    vivent dans vos pays, on ne leur donne pourtant guère la parole pour qu’elles puissent mieux se faire connaître. Un problème de communication à sens

    unique dont est notamment victime l’Afrique: "On privilégie le négatif pour

    rendre plus horribles les réalités de ce continent". Le pouvoir des images

    et la vulnérabilité des médias ici aussi s’appliquent. Reste, relève encore

    Sony Labou Tansi, que tous les problèmes des hommes deviennent des problèmes complémentaires et qu’on est tous plus ou moins concernés par les mêmes

    choses, impliqués dans les mêmes affaires. "Ce qu’il manque, c’est la connaissance des uns et des autres. Et il ne faut pas perdre l’occasion de

    mettre cette différence en valeur, de la rentabiliser. C’est là la richesse

    des rencontres comme celles des RMNS". (apic/pr)

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