Genève : Emilio Castro, invité de la Radio romande (021088)
Genève, 2octobre(APIC) Le pasteur Emilio Castro, secrétaire général du
Conseil oecuménique des Eglises (COE) était ce dimanche à midi l’invité de
"Tribune de première", l’émission de la radio suisse romande. Interrogé par
Marc Savary et Raphaël Aubert, il a dû d’emblée affronter la question du
bilan de l’activité du COE, 40 ans après sa fondation.
Pour Emilio Castro, on ne peut parler d’échec du projet oecuménique. Il
ne faut pas oublier que dans un passé récent, les catholiques et les protestants ne se parlaient pas ou que dans l’histoire, il y même eu des guerres de religions. Il a toutefois admis que l’élan oecuménique n’est plus le
même qu’en 1948. Ceci du moins en Europe, ou la déchristianisation de la
société est patente. Ce n’est pas le cas du tiers-monde, a-t-il ajouté. A
la question de savoir si le mouvement oecuménique doit partir de la base ou
du sommet, Emilio Castro a reconnu l’importance de "la poussée de la base".
Une grande tristesse
Le secrétaire général du COE ressent une grande tristesse face à l’impossibilité de l’intercommunion. Les mariages mixtes - majoritaires à Genève - vivent cette séparation de manière dramatique, a-t-il amèrement regretté. Si l’objectif de 1948 - "Une seule Eglise visible et unie dans l’eucharistie" - n’est à l’évidence pas atteint, il faut, selon lui, apprécier les valeurs des différentes Eglises, "mais il faut une reconnaissance
mutuelle".
Le pasteur Castro a en outre regretté que l’Eglise catholique romaine ne
soit pas membre du COE. La question du pape faisant toujours obstacle, même
si l’ouverture exprimée par Paul VI et Jean Paul II, lors de leur visite au
COE, est importante. Enfin, on a abordé la question de la politique et du
COE. Emilio Castro s’est élevé contre une interprétation réductrice des
prises de position du COE. "Quand on condamne l’apartheid, les médias ne
tiennent pas assez compte de notre vocation religieuse. Notre engagement
est dicté par l’option préférentielle pour les pauvres qui s’inspire
directement de l’Evangile", a-t-il tenu à souligner. (apic/pp/be)