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    Genève: dix ans après l’ONU, le COE lance la "Décennie des femmes" (220388)

    Genève, 22mars(APIC) "Pendant la Décennie oecuménique des Eglises solidaires des Femmes, nous nous mobiliserons en tant qu’Eglises pour découvrir

    tout ce qui fait obstacle à la participation pleine et active des femmes à

    la vie de l’Eglise et de la société. Nous nous attacherons de toutes nos

    forces à renverser ces obstacles." Tel est l’engagement pris par le Conseil

    Oecuménique des Eglises (COE) dans l’appel lancé à l’occasion de la "Décennie oecuménique de solidarité avec les femmes", appel qui sera lu dans toutes les paroisses à Pâques prochain.

    Au cours d’une conférence de presse tenue le 22 mars au Siège du COE, à

    Genève, Emilio Castro, son secrétaire général, a rappelé les

    discriminations sociales et culturelles dont sont victimes les femmes dans

    la société. "Nous nous devons aussi de réfléchir à la place des femmes dans

    l’Eglise. Les Eglises doivent se poser des questions sur leur attitude face

    aux femmes, sur leur formation, sur les postes qu’elles occupent. Une

    réflexion théologique est nécessaire", devait-il avancer.

    En effet, même si dès sa fondation le COE s’est préoccupé de promouvoir

    la nécessaire égalité entre l’homme et la femme, "il y a des pratiques et

    des enseignements dans les Eglises qui empêchent les femmes de participer

    de manière créatrice à la vie théologique et spirtituelle et aux décisions

    de l’Eglise", peut-on lire dans le message du COE. Selon le secrétaire

    général, "cette lutte contre la discrimination sexiste doit être menée conjointement par les femmes et les hommes.

    Dans cet esprit de confrontation l’Eglise catholique romaine qui reste

    opposée à l’ordination des femmes est associée à la réflexion. Les orthodoxes se refusent également à admettre les femmes dans le clergé, et c’est

    par cette question que le protopresbytre, Georges Tsetsis, du patriarcat

    oecuménique auprès du COE a commencé son intervention. Il a reconnu que son

    "Eglise comme l’Eglise catholique romaine est souvent irritée par les féministes américaines qui réclament l’ordination des femmes". Il a souhaité

    que "cette Décennie soit l’occasion au-delà de la question de l’ordination

    d’un vaste débat sur les racines historiques et théologiques des inégalités

    homme-femme". D’ailleurs à cet effet, une rencontre des orthodoxes aura

    lieu en octobre prochain à Rodhes.

    Frein historique

    Dans l’histoire, les Eglises ont souvent représenté un frein pour

    l’émancipation de la femme , ceci en contradiction avec l’affirmation égalitaire de l’Evangile. Telle est la conviction d’Anna-Karin Hammer, directrice de Femmes dans l’Eglise et la société (Commission du COE). D’ailleurs ce paradoxe se perpétue encore aujourd’hui, car si les femmes sont

    majoritaires dans les Eglises, ce sont les hommes qui détiennent le pouvoir. D’autre part, toujours selon Mme Hammer, si la décennie lancée par

    l’ONU a suscité une large prise de conscience, peu de changement ont été

    concrétisés "c’est aux femmes à mettre en lumière leurs problèmes et à rechercher des solutions". (apic/pp/bd)

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