Genève: Dialogue entre le Vatican et le Patriarcat de Moscou (040392)
Genève, 3 mars(APIC) Le dialogue entre l’Eglise orthodoxe russe et l’Eglise catholique romaine, commencé lundi matin dans les locaux de la représentation du Patriarcat de Moscou à Genève et achevé mardi soir à la Mission
permanente du Saint-Siège auprès de l’ONU à Genève, a permis "une meilleure
compréhension réciproque", selon un communiqué publié mercredi. Les deux
parties estiment nécessaire d’établir des mécanismes de consultations préalables avant la création de paroisses et d’autres oeuvres de l’Eglise catholique dans les territoires de la CEI pour éviter les malentendus et les
accusations de prosélytisme.
Les discussions, qui se sont déroulées dans une atmosphère "de grand
réalisme, avec la volonté commune de résoudre les problèmes", a précisé
mercredi à l’APIC le porte-parole du Vatican Joaquin Navarro Valls, se sont
poursuivies mardi jusqu’au soir. Le communiqué rédigé à l’issue de cette
rencontre relève que la délégation catholique aux négociations, emmenée par
le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, le cardinal australien Edward Idris Cassidy, et le secrétaire du
Conseil, Mgr Pierre Duprey, "a précisé que toutes les structures pastorales
que l’Eglise catholique établit dans la CEI ont pour but de répondre aux
besoins spirituels des fidèles catholiques".
Du côté orthodoxe russe, la délégation dirigée par le responsable des
relations extérieures du Patriarcat de Moscou, le métropolite Cyrille (Kyrill) de Smolensk, a exprimé la préoccupation que des structures catholiques dépassent les besoins pastoraux réels des catholiques et manifestent
ainsi "une volonté d’expansion". Pour éviter tout malentendu, poursuit le
communiqué, et pour développer la confiance entre les deux Eglises, "il serait nécessaire qu’administrateurs apostoliques (catholiques, ndr) et évêques orthodoxes d’un même territoire se consultent avant la réalisation de
projets pastoraux tels que la création de paroisses et d’autres oeuvres de
l’Eglise catholique".
Manque de dialogue sur le terrain
En effet, sur le terrain, en Ukraine occidentale ou ailleurs, le dialogue entre hiérarchies catholique et orthodoxe est souvent inexistant et il
y a un manque évident de consultation préalable avant la mise sur pied de
projets et de structures. Cette situation a été très mal ressentie par les
orthodoxes, qui ont accusé les catholiques de "braconner" sur les terres
qui leur appartiennent traditionnellement, comme par exemple en Russie
(Moscou, Sibérie...) Les catholiques rétorquent qu’ils n’ont fait dans ce
cas que répondre aux besoins pastoraux de populations catholiques d’origine
allemande, polonaise ou balte déportées dans ces contrées durant la période
stalinienne, ou qu’ils n’ont remis sur pied qu’une partie des structures
ecclésiastiques qu’ils possédaient avant la persécution communiste.
En ce qui concerne la situation en Ukraine occidentale et les relations
entre l’Eglise orthodoxe et l’Eglise ukrainienne gréco-catholique, les deux
délégations ont été unanimes à affirmer que les principes formulés ensemble
en janvier 1990 à Moscou et approuvés par les autorités catholiques et les
autorités orthodoxes du Patriarcat de Moscou, "demeurent la base valide de
tout effort de solution". "Cependant, poursuit le communiqué, une divergence demeure sur le mécanisme le plus apte à réaliser ces principes". Cette
réunion de Genève a été possible grâce à l’initiative du pape Jean Paul II
et du patriarche Alexis II de Moscou.
Un signal positif avant la rencontre interorthodoxe du Phanar
Il s’agissait d’une réunion de travail durant laquelle les deux délégations devaient étudier les difficultés existant entre l’Eglise catholique
et le Patriarcat de Moscou. Les deux parties ont constaté qu’ils ont une
"compréhension différente" de ces difficultés, mais dans le dialogue, chaque délégation a eu la possibilité de connaître les motivations de l’autre,
ce qui a permis de parvenir "à une meilleure compréhension réciproque". Selon Navarro Valls, cette rencontre est sans conteste un "signal positif"
pour les relations avec l’ensemble de l’orthodoxie à la veille du sommet
extraordinaire qui doit réunir le 15 mars, à l’invitation du patriarche oecuménique Bartholomée Ier, les quatorze primats orthodoxes au Phanar, à
Istanbul, siège du Patriarcat oecuménique de Constantinople. (apic/be)