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    Entre la vie et le rêve

    Genève : dessins d’enfants des camps (181188)

    Genève, 18novembre(APIC) Terre des Hommes-Suisse a mis sur pied jusqu’à

    fin novembre une exposition de dessins d’enfants cambodgiens, réfugiés dans

    le camp Site 2, à la frontière thaïlandaise. On peut ainsi admirer dans le

    hall central d’Uni II à Genève une centaine de dessins et photos. En outre,

    l’organisation a publié un album au titre évocateur de "Voyage dans les

    rêves des enfants de la frontière", dans lequel on retrouve bien sûr la

    reproduction des dessins et des photos, mais aussi notamment des textes de

    Véronique Decrop, responsable du projet de Terre des Hommes et du Père

    Pierre Ceyrac.

    Le projet est né de la collaboration de Véronique Decrop qui travaillait

    déjà dans le camp Site 2 et du Père Ceyrac, coordinateur pour la COERR

    (Catholic Office for Emergency Relief ans Refugees) des programmes sociaux.

    Ce dernier, convaincu que les hommes ne vivent pas que de pain, a encouragé

    Véronique Decrop à ouvrir des classes de dessin. Sans vouloir imposer de

    méthode directive, elle a pu grâce à sa formation aux Beaux-Arts apporter

    aux enfants quelques principes, notamment un enseignement théorique sur la

    perspective, la ligne de fuite, les rapports de proportion.

    Ce qui paraît à première vue paradoxal, c’est qu’alors que la première

    expérience avec des adultes s’est révélée un échec, les enfants n’ont

    opposé aucune réticence à cette démarche. "Ils étaient capables d’une

    double création. Sous leurs doigts naissait une image, tandis que dans leur

    tête se construisait leur personnalité", a déclaré le professeur.

    Cruauté, immobilisme, avenir

    Ces enfants qui ont vécu l’une des tragédies les plus dramatique de

    l’histoire de ces quinze dernières années, qui n’ont souvent connu que la

    vie dans les camps, arrivent "à reproduire des images qui expriment la

    cruauté du passé, l’immobilisme du présent et l’avenir". Cet avenir est

    perçu tant comme un lieu ou il est agréable de vivre en homme libre que

    comme une ouverture sur le néant. Deux traits sont particulièrement

    frappants dans la peinture de ces enfants: un souci de ne pas tomber dans

    une représentation totalement réaliste et une ouverture qui ne tend pas

    seulement à reproduire une tradition picturale Khmer. Preuves de l’étonnant

    pouvoir imaginatif d’enfants qui n’ont pourtant connu qu’un univers clos.

    Sas vouloir donner de prix, il est intéressant de souligner la trajectoire de Sophearoat. Agé de dix ans, considéré par sa famille comme débile

    mental, il arrive dans sa peinture sur le temple d’Angkor, à donner la

    double sensation de vacillement et d’effondrement, et de défi aux horreurs

    par une petite porte blanche. Sans parler du "tableau dans le tableau" qui

    pose toute la problématique de l’artisite face à lui-même. (apic/pp/bd)

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