Genève: des structures plus claires pour un service plus efficace (020793)
Genève, 2juillet(APIC) A la demande de Mgr Pierre Mamie, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, le territoire genevois va, dès le 1er
septembre prochain, être "découpé" en onze secteurs pastoraux, regroupant
chacun de deux à sept paroisses, tandis que le nombre des archiprêtrés va
passer de sept à cinq.
Les raisons de cette restructuration ont été exposées vendredi à Genève
par Mgr Amédée Grab, évêque auxiliaire de Genève. Denise Brantschen, responsable du Département du territoire, l’abbé Claude Alméras, président du
Conseil des archiprêtres, et de l’abbé Jean-Paul de Sury, délégué épiscopal
et responsable de la pastorale d’ensemble.
Le regroupement des paroisses en secteurs pastoraux se situe dans la logique des orientations diocésaines de février 1983. La quatrième orientation affirmait: "Compte tenu de la mobilité de la population, de ses relations naturelles, économiques, socio-politiques, des zones d’influences
comme aussi de l’attachement au village en zone rurale, à la communauté à
taille humaine en zone urbaine, il faut constituer des secteurs pastoraux
et une pastorale de secteur tout en respectant l’identité de chaque communauté."
Mme Denise Brantschen a d’abord souligné que la collaboration entre paroisses n’était pas vraiment nouvelle, "mais il s’agit aujourd’hui de donner une cohérence à cette restructuration". A cet effet, une commission regroupant des membres du Département du territoire et du Conseil des archiprêtres a été mise sur pied. Elle a défini un certain nombre de critères
(notamment nombres de paroissiens, limites géographiques, respect des communes politiques, composition sociale,...)
Ce premier projet, qui a connu des oppositions, a été suivi par de longs
mois de discussions et concertations. Aujourd’hui, selon Denise Brantschen,
on peut distinguer trois cas de figure parmi les onze secteurs: ceux existants depuis un certain temps, d’autres qui sont bien définis et vont rentrer en fonction et ceux enfin qui connaissent des difficultés réelles à se
constituer.
Les difficultés sont notamment liées à la nécessité de l’émergence d’un
nouvel état d’esprit, de nouvelles habitudes, de dépasser un esprit de clocher, de s’ouvrir aux autres et de développer la concertation. Selon la responsable du Département du territoire, il faudra un certain temps pour
qu’un changement des mentalités se réalise. Cela dans le but d’annoncer la
Bonne Nouvelle dans l’esprit de Vatican II et des orientations pastorales
diocésaines.
L’équipe pastorale
L’organisation du territoire genevois en secteurs permettra notamment le
développement de la complémentarité des charismes. Les équipes pastorales
de secteur se composent des prêtres, des diacres, des religieux et religieuses et des permanents laïcs engagés dans la pastorale. Elles comprendront au minimum trois personnes et seront un lieu de coresponsabilité. Elles seront en relation étroite avec les conseils de communautés paroissiaux, notamment par l’intermédiaire du conseil pastoral de secteur. Ce dernier regroupe les bureaux des conseils de communauté des paroisses du secteur pastoral.
De sept à cinq
Deux raisons principales ont amené à la réduction du nombre des archiprêtrés de sept à cinq: la diminution du nombre de prêtres et la nouvelle
répartition en secteurs qui ne permet pas qu’un archiprêtré soit à cheval
sur deux secteurs. L’archiprêtré regroupe les prêtres résidant sur un territoire déterminé.
Chaque archiprêtré a un responsable, nommé après consultation par l’évêque du diocèse, qui participe au conseil des archiprêtres; ce dernier a
notamment pour tâche d’établir des liens fraternels entre les prêtres, de
soutenir leur vie spirituelle et de développer leur formation théologique
et spirituelle. Il est en rapport constant avec le Conseil exécutif.
Approches insuffisantes
Mgr Amédée Grab a tenu d’emblée à souligner "deux approches insuffisantes de l’organisation par secteur". Cette restructuration ne doit pas être
perçue en termes de pouvoir. Il ne s’agit pas de savoir qui commande dans
les rapports entre les prêtres et les laïcs, ou entre le conseil de communauté et le conseil de secteur. Ce genre de questions se posent, a-t-il reconnu, mais ne correspondent pas à l’esprit de l’Eglise.
La deuxième approche erronée serait de concevoir la restructuration par
secteur d’un point de vue de management. Celle-ci n’est pas la conséquence
de la diminution du nombre de prêtres, de leur vieillissement, ou l’augmentation des tâches. Certes, il y a des choses qu’on ne peut plus faire, mais
d’autres charismes peuvent naître, a-t-il ajouté. "L’Eglise doit être l’annonce de l’amour de Dieu pour l’homme", a insisté Mgr Amédée Grab.
Il faut concevoir l’Eglise comme communion, participation de tous les
baptisés. Ainsi, pour mieux réaliser cette communion, l’équipe pastorale
coordonne le travail en commun avec le conseil de communauté. "L’essentiel
est que tous se sentent participants", a-t-il affirmé.
Enfin, Mgr Amédée Grab a mis l’accent sur la nature de l’Eglise, corps
du Christ et peuple de Dieu. Il ne s’agit donc pas de cléricaliser les
laïcs, mais de reconnaître leurs dons communs à tous les baptisés. Il
s’agit en outre de reconnaître la spécificité du ministère ordonné. Les
prêtres doivent rassembler autour de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie.
(apic/pp/cb)