Genève, 25mars(APIC) Le Conseil de pastorale (CP) de l’Eglise catholique
de Genève, qui regroupe les membres des départements, le Conseil des
archiprêtres et le Conseil exécutif, s’est réuni récemment afin de
réfléchir à la problématique de l’évangélisation dans le canton. Une soirée
en demi-teinte qui a surtout permis de soulever des questions qui se posent
à l’Eglise.
Les choses avaient commencé il y a plusieurs mois déjà. A la suite de la
publication d’un article du Père Jean Vernette qui constatait notamment que
la sacramentalisation précédait, dans nos sociétés, l’évangélisation, le CP
tirait la conclusion d’une nécessaire inversion du processus. Ses membres
devaient se prononcer sur cet article et résumer quelques réussites et
échecs dans leur travail.
Une vision éclatée
La réunion du CP a d’abord porté sur la restitution des remarques préalablement élaborées par ses membres. Cette "lecture" en trois parties
(Eglise et société, rencontre et témoignage, Eglise et éducation de la foi)
a mis en évidence quelques questions importantes: déchristianisation et sécularisation de la société; attitude de l’Eglise face à la modernité; individualisation de la foi; importance de la découverte de Jésus et de la rencontre entre personnes; formation des adultes; écart entre foi et naissance
de la notion d’Eglise,... Toutefois, de l’avis même des organisateurs, on
en est resté essentiellement à une vision parcellaire de la réalité et aucune synthèse n’a été esquissée.
On est ensuite passé à une approche "critique" de ces réponses. Mais là
aussi, si les remarques peuvent ouvrir certaines pistes de réflexion (le
langage de l’Eglise est trop général et abstrait, différence entre
individualisme et individualisation, les structures de l’Eglise ne
sont-elles pas trop lourdes ?,...), on n’a pas abouti à une vue d’ensemble.
Toute évangélisation présuppose un désir
Deux interventions plus ponctuelles ont en revanche permis de préciser
les présupposés anthropologiques de l’évangélisation et les perspectives
dans la jeunesse. Ainsi, on a avancé l’hypothèse que toute évangélisation
présuppose un désir, une recherche radicale et que l’évangélisation n’est
possible que lorsqu’il y a jonction entre ce désir et la parole. Quant à la
Commission pastorale des jeunes (une session a eu lieu sur ce thème
l’automne dernier), elle a mis l’accent sur une nécessaire coordination des
divers organismes qui s’occupent de la jeunesse, sur le fait d’accorder
plus d’importance aux jeunes et de développer la formation dans le milieu.
Dans la discussion finale, quelques participants ont relevé l’importance
de l’attitude du chrétien, de sa manière de vivre sa foi, de la cohérence
entre la vie et la foi qui doivent favoriser la rencontre avec l’autre et
partant créer les conditions de l’évangélisation, l’être étant prioritaire
par rapport au dire. D’autres ont insisté sur le fait que les Eglises sont
aujourd’hui minoritaires et que sous peine de s’essouffler inutilement il
leur faudra faire des choix. D’autres encore ont dénoncé l’inflation de
structures qui paralysent l’Eglise catholique. (apic/pp/cor)