Refus de "l’ingérence étrangère"
Genève, 23mai(APIC) Accompagnés de Han Wenzao, vice-président exécutif du
Conseil chrétien de Chine, une organisation issue du "Mouvement des Trois
Autonomies" fondée en 1980 et qui regroupe les Eglises protestantes
chinoises reconnues officiellement, huit représentants du parti communiste
chinois ont visité ces jours-ci le Centre oecuménique à Genève. Ils ont
répété à cette occasion que "toute activité religieuse devrait être
entreprise par le peuple chinois", rejetant toute forme "d’ingérence
étrangère". Rappelons que tous les missionnaires étrangers ont été expulsés
de Chine au début des années cinquante.
La délégation officielle chinoise a visité le Conseil oecuménique des
Eglises (COE), la Conférence des Eglises européennes (KEK), l’Alliance réformée mondiale (ARM) et la Fédération luthérienne mondiale (FLM). Selon
Zhang Sheng-Zuo, directeur adjoint du Département du Front Uni du Comité
central du parti (dont dépendent les cinq religions reconnues
officiellement : le bouddhisme, le taoïsme, l’islam, le protestantisme et
le catholicisme), en raison du pluralisme religieux existant en Chine, "une
liberté absolue de religion" est essentielle. "Les différences entre les
religieux et les non-religieux sont secondaires dans l’édification de la
nation", a-t-il ajouté. "Nous voulons souligner leur motivation commune".
Faisant référence aux discussions séparées qui ont lieu actuellement sur
la nouvelle législation religieuse entre les autorités gouvernementales et
les représentants des cinq grands groupes religieux de Chine, il a précisé
que les résultats seront soumis au Congrès du peuple. Zhang a également
ajouté que le gouvernement encourage et appuie les contacts et les relations entre les groupes religieux de Chine et ceux de l’étranger. "Mais
nous n’encourageons pas les groupes étrangers à former ou à superviser des
groupes religieux en Chine".
C’est d’ailleurs selon le principe des "Trois Autonomies" (l’administration, les finances et la propagation du message religieux doivent être en
mains chinoises) que sont nées dans les années cinquante les "associations
patriotiques" chapeautant les cinq religions reconnues officiellement. Les
catholiques romains ont ainsi dû couper leurs relations avec le Saint-Siège, ce qui a provoqué la naissance d’une Eglise clandestine réprimée. Parlant des efforts déployés par le groupe "Les Enfants de Dieu" pour s’introduire en Chine, Zhang a ajouté que "leur demande avait été examinée et rejetée". (apic/spi/be)