"Sollicitude rei socialis": Interdépendance et solidarité
Genève, 19avril(APIC) La dernière encyclique sociale de Jean-Paul II
"Sollicitudo ri socialis" fut l’objet d’une conférence, le 18 avril au
Centre Saint-Thomas,
avec la participation du dominicain Roger Berthouzoz de
Genève et de l’économiste Dominique Biedermann de la faculté des sciences
économiques
et sociales de l’université de Genève.
Roger Berthouzoz a souligné l’étonnante continuité entre "Populorum
progressio" de Paul VI, publiée il y a vingt ans, et l’encyclique de
Jean-Paul II "Sollicitudo rei
socialis". L’une des idées essentielles est "la destination universelle des
biens". Selon le dominicain, cette proposition ne remet pas en cause la
notion de propriété privée, elle invite tous les chrétiens à prendre en
compte les besoins des populations au niveau mondial.
L’encyclique "Sollicitudo rei socialis" porte une grande attention sur
les désiquilibres entre le Nord industrialisé et le Sud sous-développé.
Roger Berthouzoz note que l’encyclique renouvelle la doctrine sociale de
l’Eglise développée notamment à la fin du XIXe siècle par Léon XIII.
Economie et éthique sont-elles conciliables?
L’économie et la morale sont-elles conciliables dans les échanges
internationaux? Dominique Biedermann, de l’université de Genève, pense
qu’elles le sont: d’une part, "l’exemple de la société américaine ou les
pressions de
l’opinion sont assez fortes le prouve. Il est clair que, dans un premier
temps, il faut relativiser les notions de risque et de profit. Mais des
organismes économiques américains qui, sous la pression de l’opinion
publilque, ont adopté des règles éthiques, ont très vite pu garantir des
revenus équivalents à d’autres"; d’autre part, "les exemples de l’Uruguay
round (réunion du GATT ou se négocient les accords douaniers entre le Nord
et le Sud) ou de l’exclusion des banques suisses par des banques
canadiennes à cause de leurs liens avec l’Afrique du Sud sont la preuve que
l’éthique peut intervenir dans le monde de l’économie". (apic/pe)