Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Genève: conférence du Père Sorge (301090)

    dans le cadre de la "Quinzaine ignatienne"

    Les chances d’un changement en Italie du Sud

    Genève, 30octobre(APIC) Le Sud de l’Italie connaît un changement d’époque. Les transformations affectent tous les niveaux de la société méridionale qui passe du stade prémoderne à celui de postmoderne sans avoir connu

    l’époque moderne. Ainsi, les bases sociales et culturelles du développement

    de la mafia se trouvent minées. Tel est le diagnostic effectué lundi soir

    à Genève par le Père jésuite Bartolomeo Sorge, directeur de l’Institut

    d’études sociales et politiques de Palerme, qui joue un rôle important dans

    la lutte anti-mafia en Sicile.

    Le Père Sorge, qui a pris la parole dans le cadre de la "Quinzaine ignatienne" marquant le 500e anniversaire de la naissance d’Ignace de Loyola et

    le 450e de la fondation de la Compagnie de Jésus, a analysé les principales

    transformations qui touchent l’Italie du Sud. Mais aussi les réponses qui

    émergent ces dernières années de l’expérience de Palerme, en particulier la

    contribution apportée par l’Ecole des jésuites dans le domaine de la réflexion politique.

    Le Père Sorge, 61 ans, qui fut conseiller très écouté du pape Paul VI et

    l’un des principaux interlocuteurs de la démocratie-chrétienne, dispose de

    l’encombrant privilège d’une voiture blindée et d’une escorte permanente de

    quatre gardes du corps.

    Une nouvelle conception de la politique

    Le Père Sorge, qui a été pendant 25 ans directeur de la revue jésuite

    italienne "Civilta cattolica", se trouve depuis le milieu des années 80 à

    la tête de l’Institut d’études sociales et politiques. Cet Institut est

    spécialisé dans la formation théorique et pratique de futurs cadres politiques "qui conçoivent la politique comme un service et non comme un pouvoir:

    cette nouvelle conception de l’action politique est la clef pour une lutte

    efficace contre la mafia".

    Selon le Père Sorge, l’originalité de ce projet tient notamment au fait

    que l’Institut n’est pas une école de parti, mais qu’elle s’adresse à des

    diplômés de toutes tendances. L’école s’inspire des valeurs chrétiennes et

    évangéliques et de l’enseignement social de l’Eglise catholique tout en

    n’étant pas une école confessionnelle.

    Du prémoderne au postmoderne

    Les grandes transformations qui affectent le Sud de l’Italie touchent

    les domaines culturel, économique et politique. Bartolomeo Sorge estime que

    le "Mezzogiorno" est en train de basculer de "l’âge prémoderne à l’âge

    postmoderne, sans avoir connu l’époque moderne".

    Pour que le Sud réussisse cette transformation culturelle périlleuse, il

    faut, dit-il, qu’il "laisse tomber sans regret ce qui est mort", sans pour

    autant perdre l’héritage des générations passées. En outre, il faudra faire

    attention à ce que la culture méridionale ne soit pas remplacée par des modèles culturels importés. Cette double difficulté ne peut être surmontée,

    selon lui, que si l’on arrive à offrir aux populations du Sud des horizons

    nouveaux. Dans ce contexte, la lutte contre la criminalité organisée est

    grandement facilitée. Et la mafia, qui s’est juqu’à présent nourrie de la

    mentalité et des coutumes populaires traditionnelles, voit ainsi ses bases

    culturelles menacées par le changement.

    Nouvelle ordre économique...

    Pour permettre un réel développement harmonieux du Sud, il ne suffit pas

    de mener une politique d’assistance et de soutien financiers, relève le Père Sorge. Il faudra dorénavant garantir une accélération de la vitesse de

    développement de la zone méridionale, surtout dans la perspective du Grand

    marché européen de 1992. A cet effet, il s’agit de créer un nouvel ordre

    économique qui permette de satisfaire en premier lieu les besoins des gens.

    En plus des changements culturels et économiques, on assiste depuis quelques années à Palerme à des modifications politiques.

    ...et politique

    La corruption du personnel politique a pendant longtemps favorisé l’action de la mafia. L’incapacité de traduire en actions politiques concrètes

    les résolutions anti-mafia était l’une des caractéristiques de la politique

    palermitaine. Ceci a changé avec l’arrivée à la tête de la mairie de Palerme du maire démocrate-chrétien Leoluca Orlando, soutenu par le Parti communiste. Cette alliance contre nature, par rapport à la politique nationale

    qui voit le PC dans l’opposition, a été rendue possible, selon le Père Sorge, par le fait que l’on a préféré l’accord pragmatique à l’entente partisane.

    L’image du pouvoir politique a changé, la politique est vue comme un

    service, les gens reprennent confiance dans l’administration. Des mouvements sociaux nouveaux tels que les Verts ou "Cité pour l’homme" ont apporté leur soutien au Conseil municipal.

    Pour Bartolomeo Sorge, l’ensemble de ces métamorphoses sont des signes

    d’espoir: "C’est la preuve que les choses peuvent changer. Et les valeurs

    chrétiennes ont la force de nous aider", s’est-il exclamé. Espoir qu’il

    s’agit de tempérer. Le maire Orlando a en effet été écarté de la mairie de

    Palerme après les élections administratives du printemps dernier (apic/pppr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus