Genève: Conférence-débat sur la paix en Israël et en Palestine (241189)
Genève, 24novembre(APIC) "Seule la paix pourra limiter la percée de tous
les intégrismes, musulmans et juifs", a déclaré jeudi 23 novembre l’intellectuel chrétien palestinien Hanna Siniora, responsable du quotidien palestinien de Jérusalem-Est "Al Fajr", au cours d’une conférence-débat organisée à Genève par le Cercle "Martin Buber - Paix et Dialogue" et "Les Amis
du Centre International pour la Paix au Proche-Orient". Cette conférencedébat, qui a réuni à la même table deux Israéliens et deux Palestiniens, a
été l’occasion d’appeler l’ensemble des forces en présence au Moyen-Orient
à la concertation en vue de la paix.
Outre Hanna Siniora, trois autres débatteurs se sont exprimés jeudi
soir: Faïz Abou-Rahme, président de l’association des avocats de Gaza et
membre du Conseil national palestinien, et côté israélien, Israël Gatt, secrétaire aux relations internationales du Parti travailliste israélien
(AVODA) et Arieh Yaffe, secrétaire aux relations internationales du Parti
ouvrier unifié israélien (MAPAM).
Point commun entre ces quatre personnalités: tous ont insisté, à des degrés divers, sur les perspectives actuelles de dialogue entre les Palestiniens et les Israéliens. Selon Israël Gatt, il existe cinq paramètres de la
politique étrangère d’Israël: prendre en compte les parties en présence
dans le conflit (Israël et le monde arabe); l’importance des alliances pour
Israël; l’impossibilité d’une issue militaire au conflit; la nécessité d’un
Etat juif; des frontières sûres et défendables. "La paix doit tenir compte
de ces éléments et sera certainement un chemin difficile", a-t-il conclu.
Pour sa part, Hanna Siniora a insisté sur l’importance des rencontres
entre les membres des deux communautés; il s’est déclaré optimiste quant à
une paix future et durable. A propos de l’intifada, Hanna Siniora a affirmé
qu’elle est un rappel de ce que signifie les territoires occupés comme sacrifice de la part des Palestiniens. Il a en outre avancé qu’un récent sondage démontre que 54% des Israéliens sont favorables à un dialogue avec les
Palestiniens. Pour Arieh Yaffe cependant, 17% seulement des personnes interrogées sont prêtes à des discussions avec l’OLP.
Attitude réaliste
Hanna Siniora a en outre rappelé les nouvelles positions de l’OLP: reconnaissance de l’Etat d’Israël; autodétermination des deux peuples; frontières sûres pour les deux Etats et coexistence pacifique. "Nous sommes devenus réalistes, a-t-il conclu, nous ne voulons plus toute la Palestine".
Quant au représentant du MAPAM, après avoir évoqué les différentes phases
du conflit, il a insisté sur le changement du climat international et d’attitude des grandes puissances, sans toutefois exclure "de possibles explosions".
Arieh Yaffe a encore rappelé que son parti, le MAPAM, acceptait depuis
1927 la réalité de deux peuples, et qu’après avoir soutenu la conception
d’un Etat binational, il était aujourd’hui favorable à deux Etats. Il a
terminé son exposé en souhaitant une coopération économique future entre
Israël, la Palestine et la Jordanie, avec le maintien, pour chacun, de sa
propre identité nationale.
Faïz Abou-Rahme, membre du Conseil national palestinien, s’est, de son
côté, déclaré à la fois optimiste et pessimiste, "car, a-t-il expliqué, si
nos deux peuples ont pris le chemin de la paix, en revanche, il n’y a pas
de pressions internationales dans ce sens". Il a ajouté que la paix entre
les Israéliens et les Palestiniens signifiait aussi la fin des conflits
entre Israël et les pays arabes. Enfin, face aux divers plans de paix en
plusieurs points, il a proposé le sien qui se limite en un seul: "Oui à la
paix!" (apic/pp/pr)