Genève : Conférence dans le cadre de la Campagne de Carême (130391)
Genève 13mars(APIC) Dans le cadre de la campagne de Carême intitulée "Le
prix de la paix", deux prêtres Sri Lankais étaient mardi 12 mars à Genève
pour faire connaître la nature du conflit qui ravage leur pays. Le Père Oswald Firth (cinghalais) et le Père Francis Segaram (tamoul) , tous deux
très engagés sur le terrain (l’un en Europe, l’autre au Sri Lanka) prônent
une solution politique respectant le pluralisme tant dans le domaine ethnique que linguistique et religieux.
D’après le Père Firth, qui dirige depuis cinq ans le Centre d’action sociale du diocèse de Kandy, le conflit remonte au milieu des années cinquante. A cette date, alors que le pouvoir était géré conjointement par les
deux ethnies - Tamouls et Cinghalais - un parti nationaliste arrive au pouvoir. Cette arrivée se traduit par une série de mesures discriminatoires:
la langue nationale devient le cinghalais, les droits des Tamouls diminuent
au fil des Constitutions qui se succèdent, pour entrer au Parlement il faut
prêter serment à un Etat unitaire cinghalais et bouddhiste, ce que les Tamouls (hindouistes pour la plupart) refusent. Ils ne sont plus représentés
actuellement. Les Tamouls commencent par des protestations publiques bien
que non-violentes, mais la répression n’en est pas moins très dure : emprisonnements, exécutions. Aujourd’hui, explique le Père Firth, suite aux soulèvements de 1987 le Nord et l’Est sont dominés par les forces militaires
du gouvernement. Tandis que les Tamouls sont réfugiés dans 630 camps surpeuplés, le gouvernement pourchasse les "Tigres" (l’armée des Tamouls). En
1989, un conflit d’origine sociale s’est greffé sur le conflit ethnique.
Divers soulèvements ont fait des dizaines de milliers de victimes parmi les
jeunes Cinghalais.
Le père Segaram, quant à lui, s’occupe depuis 1987 de l’accompagnement
des réfugiés tamouls de toutes religions tant en Suisse qu’en Allemagne.
Soupçonnés d’appartenir aux "Tigres", ils ont dû fuir leur pays. En Europe,
ils se sentent exclus. "Le temps de retourner dans leur pays, ils pourraient étudier et se former. Les jeunes sont donc frustrés. Ils ont quitté
leur pays avec beaucoup de sacrifices, cherchent un foyer sûr et un sens à
leur vie", a conclu le Père Segaram.
Que font les Eglises?
Quatre religions sont présentes dans le pays : le bouddhisme, l’hindouisme,
l’islam et le christianisme. "Elles véhiculent toutes des messages de paix,
il est temps qu’elles passent aux actes", a souligné le Père Firth.(apicvn/ecl)