"Plans de paix ou plans de guerre ?"
Genève, 16avril(APIC) Le président des Organisations Internationales catholiques (OIC), Amin Fahim, a donné le 13 avril à Genève une conférence sur
le Moyen-Orient dans le cadre d’un souper-débat réalisé au Club universitaire. L’orateur qui est aussi président de l’Association chrétienne de
Haute Egypte pour les écoles et la promotion sociale, a décrit les plans de
certaines forces politiques et religieuses au Moyen-Orient qui "veulent assurer l’hégémonie de leur cause dans cette région troublée". D’autres peuples et d’autres religions résistent à cette hégémonie. D’où les conflits
et les guerres qui depuis plus d’un siècle ravagent le Moyen-Orient.
Pour Amin Fahim, dans la région que l’on appelle le Moyen-Orient et qui
s’étend en gros de Chypre à l’Afghanistan, les différents plans politiques
se mêlent et se superposent. Cette interaction entre les plans politiques
et les réalités concrètes que vivent des populations concernées débordent
sur des situations parfois compliquées à comprendre: et rendent encore plus
difficiles les possibilités de s’en sortir. En affirmant cela, le président
des OIC faisait allusion à l’exemple du Liban.
Amin Fahim a ensuite montré comment le Moyen-Orient est objet de convoitises politiques qui tendent à dominer les adversaires. Le conférencier a
décrit successivement les "plans sioniste, américain et islamiste". Selon
Amin Fahim, il existe un "plan sioniste" qui viserait à créer un état de
destabilisation permanente au sein de cette région "afin qu’Israël ait la
paix". Les Américains, de leur côté, veulent "assurer le nouvel ordre mondial pour asseoir leur confort et leur sécurité". Enfin il existe aussi "un
plan islamiste" qui vise à vider le Moyen-Orient de tous ses chrétiens,
mais aussi des musulmans non-extrémistes afin "d’instaurer partout la loi
islamique". A quoi il faut ajouter les facteurs psychologiques que sont les
divisions au sein des divers groupes et confessions religieuses.
Des lueurs d’espoir
L’orateur a rappelé l’exode massif des chrétiens: entre 1950 et 1990,
50% des chrétiens ont en effet fui cette région à la suite de représailles
ou à cause des injustices dont ils sont l’objet. Les villages chrétiens
d’Egypte, par exemple, ne bénéficient pas des mêmes infrastructures socioéducatives que les villages musulmans.
Le conférencier a cependant parlé de "lueurs d’espoir". Espoir, selon
lui, apporté par l’Europe unie d’abord. Ce continent qui a su vivre en paix
depuis maintenant 46 ans, peut et doit mettre en route de nouvelles valeurs
morales. Espoir dans les religions qui, après avoir été facteurs de guerre
peuvent devenir facteurs de paix. En cela Amin Fahim s’est référé à la rencontre d’Assise et à celle qui a réuni en juillet 1990 à Princeton les représentants de toutes les religions autour des droits de l’enfant. Mais, a
conclu l’orateur, cela implique que certains problèmes soient résolus dans
la région. Tant sur le plan extérieur que sur le plan intérieur. Le président des OIC faisait ainsi allusion au problème palestinien et à l’indépendance des états arabes envers les "gendarmes extérieurs". (apic/ecl/ba)