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    Le gouvernement algérien oublie la plus ancienne culture du pays

    Genève: Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale

    Genève, 12 mars 2001 (APIC) Le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale a examiné du 9 au 12 mars à Genève le rapport sur l’Algérie présenté par Mohamed-Salah Dembri, représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations Unies à Genève. Le rapport officiel n’a cependant pas satisfait la plupart des membres du Comité. Le gouvernement algérien ayant omis de mentionner la plus ancienne culture de la région, liée à la langue tamazigh.

    Raghavan Vasudevan Pillai (Inde), expert du Comité, a en effet déploré que le rapport ne contienne aucune mention de la communauté amazigh (Berbère), qui compte 7 à 8 millions de membres dans le pays. Depuis les temps les plus anciens, les Tamazgha habitent le Nord de l’Afrique. En Algérie, la plupart vivent en Kabylie, mais on en trouve également ailleurs dans le pays. Le tamazigh passe pour être la plus ancienne langue encore usitée sur la planète.

    Ce peuple a souffert de la politique colonisatrice des français. Après l’indépendance de l’Algérie (1963) il a tenté de se protéger contre le projet d’arabisation du pays. La Constitution algérienne fait état de l’islam comme religion d’Etat (art.2) et de l’arabe comme langue nationale et officielle. En d’autres termes, la langue tamazigh est exclue à l’école, ou presque. Un projet du gouvernement dans 220 écoles propose cette langue sur une base optionnelle. Ce qui est largement insuffisant pour préserver cette culture millénaire et pour respecter l’identité berbère.

    Le Congrès mondial Amazigh, une organisation non gouvernementale, a dénoncé la loi entrée en vigueur en juillet 1998 sur l’usage obligatoire de la langue arabe. Selon, Marc Bossuyt (Belgique), membre du Comité, cette loi est l’expression d’un "impérialisme culturel et linguistique". La loi est très dure, des sanctions pénales sont prévues en cas d’infraction. Certes, cette loi n’a pas été appliquée jusqu’à maintenant mais reste une menace pour le tiers de la population algérienne. (apic/ines/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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