Genève, 15juin(APIC) Mme Cory Aquino, présidente des Philippines, était
le 14 juin invitée à parler devant la 75ème Conférence internationale du
travail. Elle a centré son discours sur les Droits de l’Homme dans son pays
et sur la mise en place de la réforme agraire.
D’emblée, dans ses remerciements adressés à M. Francis Blanchard, directeur de l’OIT (Organisation internationale du Travail), elle a souligné
l’attitude généreuse de l’Europe qui s’était solidarisée avec le combat
pour les Droits de l’Homme aux Philippines dès la chute du président Marcos
en février 86. Les thèmes mêmes de cette conférence - Droits de l’Homme,
relations de travail - sont une occasion idéale pour évoquer notre situation, a-t-elle affirmé.
La révolution de février, a-t-elle poursuivi, nous rappelle que le premier devoir du gouvernement est de faire respecter les Droits de l’Homme et
que leur violation systématique par le pouvoir légitimise l’opposition du
peuple. Cette révolution est porteuse d’espoir et doit être défendue contre
ses détracteurs.
Pour la présidente, la révolution est l’oeuvre du peuple et lui donne
une place privilégiée. Le gouvernement a respecté cette situation, des lois
prétégeant les libertés et les droits ont été votées. D’autre part, nous
avons libéré les prisonniers politiques, dont le leader cvommuniste José
Maria Sison. Ceci malgré les pressions de l’armée. Nous avons constitué une
commission des Droits de l’Homme pour faire face à leur violation et avons
mis en place une procédure rapide et peu coûteuse pour la défense des
Droits de l’Homme et des droits économiques et sociaux.
L’avenir
Au sujet de la réforme agraire, Mme Aquino a indiqué que les chambres
viennent de voter la loi sur la réforme agraire après de longs et difficiles débats. Cette réforme, par la distribution des terres aux paysans, doit
permettre une relance de l’économie. Mais elle ne saurait être complète, si
elle aboutissait au partage de la misère, a-t-elle affirmé, car la démocratie va de paire avec le développement. Quant aux Droits de l’Homme, ils
peuvent être violés même par les Etats démocratiques, d’ou la nécessité
d’un combat régulier pour leur respect. Surtout dans notre pays sous-développé qui représente un terrain favorable pour les violations des droits.
"Pour l’avenir de notre pays, a insisté la présidente, il faut résoudre
la question de la dette extérieure et avancer vers une croissance économique, car le sous-développement économique est l’atteinte la plus grave aux
Droits de l’Homme. La prochaine révolution doit être économiques.
J’apporte devant l’OIT le défi de trouver une juste solution à cette
problématique qui implique l’adhésion de chacun et la recherche permanente
du consensus, a-t-elle conclu. (apic/pp/bd)