Genève: aumônerie genevoise oecuménique auprès des requérants d’asile
Genève, 27août(APIC) L’AGORA, l’aumônerie genevoise oecuménique auprès
des requérants d’asile, est plus que jamais sur la brèche. Conflits et misère obligent. Commencée il y a quatre ans, l’expérience de l’AGORA se
poursuit aujourd’hui. De nouveaux locaux ont été ouverts pour mieux faire
face à la situation, ainsi que l’écrit le dernier bulletin de la "Vie de
l’Eglise à Genève".
Inauguré au mois d’avril 1992, le nouveau centre d’enregistrement des
réfugiés de la Praille à Carouge (Genève) - qui a remplacé celui de Cointrin - entrouvre quotidiennement ses portes aux aumôniers de l’AGORA. Ceuxci se glissent ainsi pour deux petites heures auprès des réfugiés et poursuivent l’action entamée il y a maintenant quatre ans, en septembre 1988.
C’est à cette date, en effet, que Soeur Bernadette Porte, de la Congrégation des Soeurs de Saint-Vincent de Paul, rejoignait l’aumônier protestant, marquant ainsi le véritable début de l’AGORA. Une initiative protestante lancée en 1985. Actuellement, Genève est toujours le seul canton
suisse dans lequel les Eglises protestante et catholique ont mandaté des
aumôniers auprès des réfugiés. Une démarche intelligente, qui a vu l’AGORA
inventer des solutions (hébergement dans les paroisses, dans les abris de
protection civile) - aux côtés d’autres associations - pour l’accueil d’urgence des prérequérants livrés à eux-mêmes dans le centre d’enregistrement
de Cointrin débordé.
Un travail considérable a également été accompli dans l’accueil et
l’écoute des réfugiés: le fameux "mobile home" de l’AGORA a reçu des milliers de personnes au cours des années 1990 et 1991. Depuis le début juillet 1992, l’AGORA, en plus de sa présence quotidienne au CEPRA de la Praille, a ouvert une nouvelle permanence dans les locaux de la paroisse protestante des Acacias, à Genève.
"Là, nous accomplissons un travail d’information plus important que celui que nous faisions au ’mobile home’" explique Soeur Bernadette. Les bénévoles qui y travaillent sont ceux-là mêmes qui déjà animaient le "mobile
home". Ils ont ainsi décidé de poursuivre leur action et ont suivi une formation afin de répondre à toutes les questions qui leur sont inévitablement
posées, notamment au sujet de l’audition.
Ex-Yougoslavie et Somalie
Outre ces activités, l’AGORA participe avec d’autres partenaires à une
action particulière en faveur des ressortissants de l’ex-Yougoslavie afin
d’assurer la subsistance de plusieurs dizaines de personnes. Une action
dont le coût est calculé à 20’000 francs par mois.
"Une opération à laquelle a magnifiquement répondu la population genevoise", estime Soeur Bernadette, qui n’oublie pourtant pas le drame des
ressortissants de la Somalie, l’autre pays le plus représenté actuellement
parmi les réfugiés.
L’AGORA, rappelle enfin Soeur Bernadette, est ouverte à toute la population et se déplace dans les paroisses pour expliquer son action, animer une
messe, notamment grâce à la chorale d’Africains qui peut être invitée. Il
suffit pour cela de contacter le bureau de l’AGORA en téléphonant au numéro
757 25 24. (apic/veg/sr/pr)