Genève: atouts et risques du génie génétique (130291)
Genève, 13février(APIC) Le Centre Saint-Thomas et le couvent Saint-Dominique de Genève accueillaient mardi soir le biologiste Alex Mauron pour une
conférence sur le thème: "Génie génétique et médecine. Recherche scientifique et exigence éthique". Chercheur à la Fondation Louis Jeantet (Genève)
et membre du Comité genevois de la Société suisse d’éthique biomédicale,
Alex Mauron a abordé les applications médicales du génie génétique. Son exposé visait à mieux informer dans la perspective de la votation - fin 1991
ou début 1992 - sur un article constitutionnel réglant l’application du génie génétique et la procréation assistée.
Alex Mauron a commencé par souligner la responsabilité du bioéthicien,
qui doit faire un effort de vulgarisation sans pour autant se poser comme
un "oracle de la science". Il a ensuite développé les acquis du génie génétique, qui a apporté des moyens d’investigation à toutes les sciences de
base, notamment la découverte en 1983 du virus HIV et la maîtrise de la diversité des anticorps. Le génie génétique, a relevé le chercheur, a permis
des progrès considérables dans les domaines du diagnostic - le diagnostic
prénatal en particulier - et de la thérapeutique.
Le génie génétique touche l’autonomie de la personne
Tous les acquis du génie génétique posent de graves problèmes éthiques,
en particulier dans le respect de l’autonomie de la personne, a précisé
Alex Mauron: liberté de procréer, d’interrompre une grossesse en toute connaissance de cause ou refus de s’informer. Pour le conférencier, seule une
gestion rigoureuse du diagnostic génétique par le patient rendra possible
une liberté de choix.
Le génie génétique remet en cause le principe du risque partagé, qui
constitue la base de l’assurance-maladie: en effet, les catégories bienportantes refusent de plus en plus de payer pour les groupes à risques, décelables grâce au génie génétique.
Ne pas réduire la réalité à la doctrine
Alex Mauron a mis en évidence l’embarras du praticien, qui ne peut proposer de thérapie lors du dépistage prénatal de certaines maladies incurables, ce qui relance le problème de l’avortement. Tout en dénonçant le
recours systématique à l’avortement lors du diagnostic de la trisomie 21,
le biologiste estime qu’une réalité complexe ne peut être réduite à une
doctrine morale et que la liberté individuelle doit être respectée. Le médecin a un rôle difficile: amené à privilégier la vie, il ne doit pas influencer, mais donner une information complète et intègre sur la maladie
dépistée, a-t-il ajouté. (apic/sr/cor)