Genève: Aide humanitaire en Afrique australe (300692)
Genève, 30juin(APIC) 18 millions de personnes sont menacées de famine en
raison de la sécheresse qui frappe actuellement une grande partie de
l’Afrique. Agir très vite sur le terrain pour enrayer la catastrophe imminente, tel est le mot d’ordre donné mardi par la Coordination des Eglises
et des Organisations non gouvernementales qui tenait une conférence de
presse au Centre oecuménique à Genève. Pour leur survie, 1,6 million de
tonnes de nourriture sont nécessaires.
"L’Afrique est à nouveau à l’ordre du jour international", a remarqué
Brian Neldner de la Fédération luthérienne mondiale (FLM) et président du
Comité directeur de l’action humanitaire. Une terrible sécheresse affecte
en effet toute la partie australe du continent. D’après un rapport des Nations Unies, dix-huit millions de personnes ont besoin de 1,6 million de
tonnes de nourriture pour leur survie, plus 2,5 millions de tonnes de céréales pour soutenir les marchés.
Les Eglises et les grandes institutions bénévoles, dont le Comité directeur de l’action humanitaire, coordonnent leurs efforts et l’utilisation de
leurs ressources sur le terrain pour lutter contre ce fléau qui semble être
la plus grave sécheresse que l’Afrique ait connue depuis cinquante ans.
Cette coordination vise à renforcer l’action des gouvernements agissant par
l’intermédiaire des Nations Unies et de la Communauté européenne. Lors
d’une réunion sur "La sécheresse en Afrique" qui s’est tenue à Nairobi du
16 au 20 juin, les partenaires des Eglises ont mis au point des programmes
d’aide dans plus de douze pays africains et se sont mis d’accord sur le financement et la coordination au plan national, régional et mondial.
Réunir 50 millions de dollars
Les membres de la coordination visent à réunir 50 millions de dollars
pour répondre aux besoins de survie des populations d’Afrique australe. Un
appel commun lancé par les Nations Unies et dix pays regroupés au sein de
la Conférence de coordination du développement de l’Afrique australe a donné lieu à des promesses s’élèvant à environ 60% de ces besoins. "Nous devons agir maintenant, avant que le taux de mortalité n’atteigne des plafonds incalculables", note Brian Neldner, qui se réjouit d’autre part de
voir les gouvernements répondre plus rapidement que lors de la sécheresse
de 1984-1985.
Les Eglises et les Organisations non gouvernementales concentrent leur
action sur la distribution de vivres et de semences, la production agricole
et alimentaire, le développement des ressources en eau et l’assistance sanitaire. Chaque membre de la coordination est un maillon de cette chaîne
humanitaire qui tente non seulement d’assurer une aide pendant environ une
année, mais qui travaille également avec les gouvernements régionaux. Son
but: voir plus loin que les besoins en nourriture à court terme. Les membres de la Coordination plaident aussi en faveur d’un changement des programmes d’ajustements structurels. Ils veulent faire baisser les prix des
aliments et accorder des subventions aux moyens de production dans le domaine agricole.
Remettre la population au travail
Mais la préoccupation actuelle porte en particulier sur les groupes les
plus vulnérables (enfants, personnes âgées, handicapés, femmes enceintes ou
mères allaitantes). La Fédération luthérienne mondiale a, par exemple, débloqué une aide de 4,9 millions de dollars pour les pays affectés par la
sécheresse. Les groupes les plus atteints reçoivent de la nourriture. Quant
aux hommes valides et en bonne santé, ils en gagnent en travaillant à la
construction de routes, de ponts ou de bâtiments utiles à la communauté locale. Le but de cette stratégie est de rééduquer la population pour qu’elle
lutte elle-même contre la sécheresse. En acquérant les structures adéquates
et en réutilisant des récoltes traditionnelles qui résistent mieux aux conditions climatiques du continent. (apic/fc/ad)