Genève: accueil des prérequerants d’asile (260989)
Genève, 26septembre(APIC) Pour les requérants d’asile, la situation devient de plus en plus intenable à Genève. En cette fin septembre, ce ne
sont pas moins de 400 prérequérants qui attendent que le Centre d’enregistrement des requérants d’asile de Cointrin (CERAC) à Genève veuille bien
utiliser les procédures habituelles d’enregistrement. Pendant cette attente, qui peut durer plusieurs semaines, ils sont logés dans des locaux de la
protection civile (PC) grâce à l’aide apportée par l’Association provisoire
des centres de transit (APCT). Cette association tirait déjà la sonnette
d’alarme en juillet dernier. Quant au DAR (Délégués aux réfugiés), il n’a
accepté un entretien avec l’APCT qu’à fin août.
Alors que 400 prérequérants d’asile logent dans les divers abris de la
PC et dans des conditions des plus précaires, l’APCT, qui groupe l’aumônerie des réfugiés, l’Armée du salut, Caritas, le Centre social protestant,
la section genevoise de la Croix-Rouge, l’Entraide protestante, l’Hospice
général - service des réfugiés - et la section suisse du Service social international, s’élève contre l’incurie des autorités fédérales. Non seulement, elles n’ont pas su s’organiser à temps, alors que l’afflux des requérants était tout à fait prévisible à cette époque de l’année, mais encore
refusent-elles notamment de prendre aujourd’hui en charge les frais de déplacements des prérequérants, relève l’APCT.
Certes, le DAR a accepté de payer le gîte et le couvert, ainsi que les
salaires de six personnes pour l’encadrement de cent lits. Mais, proteste
un responsable de l’APCT, les demandeurs d’asile ne peuvent rester toute la
journée enfermés dans des abris au sous-sol.
Le canton est venu en aide aux demandeurs d’asile en mettant à leur disposition des mini-bus de la PC. Pour le reste, qui est de la compétence de
la Confédération, ce sont en fait les oeuvres d’entraide qui doivent faire
face à l’ensemble de la question tant au niveau pratique qu’à celui de
l’aide morale dont ont besoin les requérants.
Effet boule de neige
Si aujourd’hui ils sont plus de 400 à attendre d’être enregistrés à
Cointrin, et à supposer que certains d’entre eux soient envoyés à Goldswill, un cinquième centre d’enregistrement pouvant accueillir une trentaine
de personnes, le nombre de demandeurs d’asile en attente n’est pas prêt de
diminuer. Et si une dizaine parmi eux sont enregistrés tous les jours au
CERAC, il n’en demeure pas moins vrai que le nombre de nouveaux arrivants
est plus élevés. Ce qui a pour conséquence d’accroître la lenteur des opérations d’enregistrement. Selon l’APCT, c’est toute la politique mise en
place par le DAR et son incapacité à faire face aux problèmes des réfugiés
qui sont en cause. (apic/pp)