Genève: 60e anniversaire des OPM du canton (100990)
Genève, 10septembre(APIC) Les Oeuvres Pontificales Missionnaires (OPM) de
Genève fêtent cette année leur 60e anniversaire. Pour marquer l’événement,
une table ronde sur le thème "Chrétien du monde, dis-moi..." sera organisée
le 14 septembre prochain, à laquelle prendront part des prêtres, des laïcs
et des religieuses de diverses régions du monde. Cette table ronde, animée
par le journaliste Patrick Ferla, sera précédée d’une messe présidée par
Mgr Amédée Grab, évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Denise Burkardt, déléguée à la Mission pour le canton de Genève, a
retracé et expliqué à l’agence APIC les activités et le but des OPM genevoises.
L’activité missionnaire de l’Eglise catholique à Genève remonte en
fait à bien plus de soixante ans, l’Eglise étant dès ses débuts missionnaire. Il est cependant vrai que 1930 marque une date importante: un directeur
des OPM est nommé. Son action principale, outre l’accueil des missionnaires
de passage, consistait à rassembler et à répertorier tout ce qui existait
alors dans le canton au niveau caritatif pour la Mission.
Dans un deuxième temps, d’autres questions feront surface en raison des
changements historiques et sociaux intervenus au lendemain de la deuxième
guerre mondiale, comme l’émergence du mouvement de décolonisation, par
exemple.
Le tournant
Le mot "Mission" va prendre dès lors un autre sens. Alors qu’au départ
il signifiait surtout accueil des missionnaires de passage, à partir des
années soixante, il marque l’entrée en scène du laïcat missionnaire. "Cela
équivalait à dire, souligne Denise Burkardt, que dorénavant le peuple de
Dieu tout entier était missionnaire, et pas seulement le clergé, les évêques et quelques spécialistes". A cela s’ajoute l’idée suivante: "Que l’on
parte ou que l’on reste à Genève, la Mission est la même, elle concerne
tout chrétien". De là sont nés les groupes missionnaires paroissiaux centrés sur l’échange, l’écoute, l’information, et non plus seulement sur
l’aide caritative.
Mais ces dernières années, les groupes missionnaires se sont trouvés
confrontés à d’autres questions telles que le tiers monde et le modèle de
développement, la dette internationale, etc. Beaucoup d’initiatives sont
nées à Genève à propos de l’aide au développement, de la défense des droits
de l’homme, de la justice. "Ces diverses initiatives, précise Denise
Burkardt, sont souvent l’oeuvre de personnes ou de groupes qui le font au
nom de leur foi, mais qui ne sont pas nécessairement bien intégrées à
l’Eglise".
Si cette situation nouvelle a apporté beaucoup de richesses, Denise Burkardt estime qu’elle a aussi fait surgir d’autres questions et a posé le
problème de l’identité de la Mission à Genève. Elle a notamment soulevé la
question des rapports entre Mission et développement. D’où la décision des
OPM de faire une halte et d’appréhender, en promenant son bâton de pèlerin
dans toutes les paroisses, les divers sens du terme "Mission".
Mission ou développement
La problématique du rapport entre Mission et développement traverse tant
l’Eglise catholique genevoise que l’Eglise au niveau international. Denise
Burkardt met le doigt sur le fait que dès le début, les missionnaires ont
dû faire face simultanément à des questions de foi et d’aide au développement. Et que dès lors, il est extrêmement difficile de vouloir séparer ou
de dissocier la Mission du développement. Et de lancer en conclusion: "On
doit apporter à la personne à la fois une vie digne et lui révéler un Dieu
libérateur. C’est un tout". (apic/pp/pr)