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    Des condamnations, mais aussi des oublis regrettables

    Genève: 45e session de la Commission des droits de l’homme de l’ONU(130389)

    Genève, 13mars(APIC) Convention sur les droits des enfants, protocole sur

    l’abolition de la peine de mort, résolutions sur l’extrême pauvreté et son

    lien avec la dette des pays en développement: tels sont les résultats auxquels est parvenue à la fin de la semaine dernière la Commission des droits

    de l’homme de l’ONU qui tenait sa 45e session.

    A chaque fin de réunion, de gros soupirs de soulagements s’échappent.

    Dix semaines de témoignages souvent poignants ou de déclarations parfois

    trompeuses qui ne laissent personne dans l’indifférence, même si la question de savoir dans quelle mesure tout cela aura fait avancer la cause des

    droits de l’homme se pose.

    De plus en plus, la Commission acquiert une renommée internationale. La

    présence, cette année, de différentes personnalités, dont le premier ministre français Michel Rocard, et le secrétaire d’Etat au Vatican, le cardinal Agostino Casaroli, en sont les preuves. Ce qui se passe à Genève est

    important: les résolutions votées - 78 cette année - ont un retentissement

    sur le plan mondial, dans les médias, certes, mais aussi auprès des Etats,

    même si certains parmi ces derniers ne sont pas contents de se voir condamner en constatant que leurs violations des droits de l’homme sont ainsi

    publiquement dévoilées.

    La Commission n’est pas un tribunal

    Cela dit, la Commission n’est pas un tribunal. Ainsi que l’a fait remarquer son président, le belge Marc Bossuyt, "c’est un organe politique puisqu’il est composé d’Etats". Pas étonnant dès lors que les décisions prises

    soient également politiques; certains pays, pourtant fort critiqués par de

    nombreuses organisations non-gouvernementales, échappent ainsi à des condamnations.

    Si l’Afrique du Sud, les territoires occupés par Israël, le Guatemala,

    le Salvador, le Chili, l’Iran, l’Afghanistan, Haïti, La Birmanie, La Roumanie et l’Albanie ont fait l’objet de résolutions spécifiques, d’autres pays

    y ont complètement échappé, comme l’Irak, par exemple, ou aucune résolution

    n’a été votée contre ce pays malgré le rapport accablant d’Amnesty International qui dénonce la tortures pratiquée sur des enfants. Même indulgence

    pour le Burundi ainsi que pour la Chine en raison de sa politique de

    répression au Tibet. Dans les trois cas, les majorités régionales ou des

    intérêts politiques et économiques ont joué pour empêcher la prise de résolutions critiques ou une condamnation.

    C’est ainsi que pour la région asiatique, seule la Birmanie et le Kampuchéa ont fait l’objet de résolutions. Même processus pour l’Afrique. Hormis l’Afrique du Sud condamnée depuis longtemps déjà pour sa politique

    d’apartheid, aucun pays africain n’a fait l’objet d’une résolution.

    Ouverture à l’Est

    Une évolution intéressante est cependant à signaler: la nouvelle position

    des pays de l’Est, liée à la politique d’ouverture de l’URSS. Les pays de

    l’Est ont renoncé cette année à voter en bloc. On a vu ainsi la Hongrie

    être co-auteur avec la France d’une résolution contre la Roumanie. Diplomatiquement, l’URSS n’a pas participé au vote.

    Exacerbation politique, par contre, dans la question de Cuba, pays que

    les Etats-Unis s’acharnent à faire condamner depuis deux ans maintenant..

    Invité par Cuba, un groupe de la Commission s’est ainsi rendu l’an dernier

    dans l’île afin d’étudier la situation en matière des droits de l’homme. La

    décision prise après des journées entières de débats aura eu l’avantage de

    calmer les esprits. C’est le Secrétaire Général lui-même qui a été chargé

    de surveiller "d’une manière appropriée" la situation de Cuba.

    Tout cela semble très politique, mais inévitable, ainsi que l’a fait remarquer Marc Bossuyt. C’est sur d’autres critères que le travail de la Commission doit être jugé. Sur ses rapports thématiques par exemple. Comme

    ceux sur la torture, les disparitions forcées, les exécutions sommaires ou

    arbitraires ou l’intolérance religieuse. Ou encore les droits des minorités, la protection des détenus ou des malades mentaux. Examinés dans les

    rapports thématiques, quelque cinquante pays se trouvent ainsi impliqués

    d’une manière ou d’une autre. Certains pays figurent même dans tous les

    rapports... (apic/ar/pr)

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