Genève, 13décembre(APIC) Quelles sont les relations oecuméniques qui se
re? Quel rôle entend jouer la Conférence des Eglises européennes (KEK) dans
la perspective de la nouvelle Europe? Ces questions sont abordées dans le
cadre d’une interview accordée au bulletin de la KEK par le Patriarche
Alexy II, Patriarche de Moscou et de toute la Russie et président de la
KEK. Il y donne son point de vue et cerne les réalités sociales, économiques et politiques que l’Europe se devra tôt ou tard d’affronter.
Alexy II, qui avait été appelé à la tête de l’Eglise orthodoxe russe en
juin dernier pour remplacer le patriarche Pimen Ier décédé le 3 mai à Moscou, tient d’emblée à préciser que sa nomination ne l’empêchera pas de
poursuivre ses activités au sein de la KEK: "Les représentants des Eglises
européennes m’ayant confié la charge actuelle lors de la dernière Assemblée
(Stirling 1986(, je considère qu’il est de mon devoir de l’assumer jusqu’au
bout, dans la mesure du possible".
S’exprimant à propos de son expérience vécue depuis plus de 25 ans à la
KEK, où il a "pu me rendre compte personnellement de ce qu’est la solidarité chrétienne et de son influence bénéfique dans un monde en train d’être
sécularisé et de se séculariser lui-même. Pour lui, il ne faut pas que faiblissent les efforts de témoignage en faveur de l’unité et du salut de
l’humanité: "C’est particulièrement important à un moment où de sérieuses
menaces pèsent sur la vie spirituelle et physique et la bonne santé de
l’humanité, ce qui entraîne la dégradation morale et matérielle des sociétés et des groupements sociaux. La prise de conscience des causes de ce déclin permet de rechercher et si possible de trouver les remèdes".
Sur quel programme actuel de la KEK Alexy II entend-il mettre l’accent
en tant que patriarche de l’Eglise orthodoxe russe? "L’unité chrétienne reste, à son avis, l’objectif central de la KEK et, allant de pair avec cela,
la paix donnée et commandée par le Christ". Mais, ajoute aussitôt le patriarche, la nouvelle situation européenne confère à l’unité chrétienne une
nouvelle signification concrète. Dans de nombreux pays, et en particulier
en URSS, poursuit-il, la tâche n’est pas seulement de traduire le degré de
l’unité chrétienne "déjà atteint par les dialogues théologiques"..., mais
de préserver la compréhension mutuelle et de l’étendre à des domaines et
des secteurs non encore touchés.
La tradition