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    Critiques du cardinal Bertone

    Gênes : Hans Küng a reçu le titre de Docteur Honoris Causa en philosophie de l’Université

    Rome, 10 novembre 2004 (Apic) Le cardinal Tarcisio Bertone, archevêque de Gênes, critique l’attribution du titre de Docteur Honoris Causa en philosophie de l’Université d’Etat de Gênes au théologien Hans Küng, qui lui a été octroyé mercredi 10 novembre. Les positions du théologien suisse ont été condamnées par le Saint-Siège dans les années 70.

    Tout en respectant l’autonomie et l’autorité de la faculté de la capitale ligurienne, le cardinal a expliqué, dans le journal de son diocèse publié le 9 novembre 2004, que remettre ce titre honorifique à Hans Küng, en vertu de « son travail en faveur de l’oecuménisme », était erroné.

    « Dans sa réflexion, la foi catholique s’est transformée en un pluralisme incohérent, en un mélange d’éléments privés de toute orientation vers le centre spirituel qui, seul, peut garantir la véritable catholicité: l’union consciente avec le magistère universel de l’Eglise », estime le cardinal salésien, ancien consulteur puis secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avant d’être nommé archevêque de Gênes.

    Le théologien lucernois, professeur émérite en théologie de l’université de Tübingen en Allemagne et expert au Concile Vatican II, est l’auteur de nombreux ouvrages portant sur l’ecclésiologie. Il y remet en cause la hiérarchie de l’Eglise et la suprématie du pape. Le Saint-Siège l’a privé de la possibilité d’enseigner dans les facultés catholiques, en 1979.

    « Les thèses de Küng relèvent du syncrétisme, explique encore le cardinal, et réduisent en grande partie la religion à une certaine éthique humaniste au contenu assez pauvre ». Face à l’attribution de ce titre honorifique au théologien suisse, le haut prélat espère « une meilleure considération de la théologie catholique, dans son épaisseur historique et culturelle et dans sa dignité de science, au profit du dialogue avec la philosophie et les autres sciences ».

    Débat

    En juin 2004, lors de la rencontre nationale des catholiques allemands à Ulm, Hans Küng avait débattu avec le cardinal Karl Lehmann, archevêque de Mayence et président de la Conférence épiscopale allemande. Le Suisse avait une nouvelle fois critiqué « la suprématie du pape qui éclipse tout le reste » et avait appelé à l’autorisation de la communion commune et à « une reconnaissance réciproque des ministres du culte des différentes Eglises ».

    Le cardinal allemand lui avait alors répondu que « la liberté est indispensable, mais l’ordre également et parfois même l’obéissance » et qu’il était important de « montrer une Eglise qui ne craint ni le dialogue, ni la discussion ». (apic/imedia/hy/pr)

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