Plus d’un an après le début de la guerre, les chrétiens du nord de Gaza aspirent à rester auprès de leur paroisse de la Sainte-Famille. Le curé catholique de Gaza craint cependant un ordre d’évacuation: la paroisse est située en «zone rouge», définie ainsi par les forces de défense israéliennes, rapporte Vatican News le 9 novembre 2024.
«Nous nous attendons à ce que les troupes israéliennes arrivent bientôt près de nos maisons. C'est la raison pour laquelle notre communauté est très tendue en ce moment», témoigne le curé de Gaza, le Père Gabriel Romanelli. Il craint un ordre d’évacuation imminent: «depuis quelques semaines déjà, nous recevons un message des forces de défense israéliennes qui définissent notre zone comme une “zone rouge” et indiquent deux couloirs pour aller vers le sud. Cependant, nos familles ne veulent pas partir, je ne sais pas ce qui va se passer», témoigne le Père Romanelli à l’Osservatore Romano.
En effet, ajoute le curé, «Pourquoi devrions-nous partir? Aucun d'entre nous n'est impliqué dans le conflit. Que feraient nos chrétiens dans le sud? Ils s'entasseraient avec deux millions d'autres Palestiniens déplacés qui n'ont rien et vivent dans des tentes. J'espère que notre situation est également connue en Occident. Et j'ai confiance, comme toujours, dans la capacité d'intervention de notre patriarche».
«Le bruit des hélicoptères et des bombes ne s'arrête jamais, ni le jour ni la nuit», témoigne le Père Gabriele Romanelli. «Les bruits proviennent de la zone située au nord-ouest de notre site, vers Jabalia et Al-shati, où vivaient encore quelques familles chrétiennes. Mais un ordre d'évacuation strict a été donné. Les quelques chrétiens restants se sont réfugiés dans les deux paroisses, la nôtre et la paroisse orthodoxe.
Située dans le nord de la ville de Gaza, l’église de la Sainte-Famille est la seule paroisse catholique latine dans l'enclave palestinienne. Depuis le début de la guerre, elle accueille des déplacés et assure la distribution d’aide alimentaire. Le Père Romanelli est sur place avec les paroissiens depuis le mois de mai, après 7 mois d’absence. Bloqué à l’extérieur de la bande de Gaza, il n’a pu revenir qu'à l'occasion de la visite du patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, et découvrir un territoire réduit à un tas de décombre.
Les femmes et les enfants, première victimes
Dans la bande de Gaza, plus de 43’000 Palestiniens ont été tués dans la campagne militaire israélienne de représailles après l’attaque du 7 octobre, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement palestinien pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.
Les femmes et les enfants représentent près de 70% des morts dans la bande de Gaza sur la période novembre 2023 à avril 2024, a indiqué le Bureau des droits de l’homme des Nations unies le 8 novembre.
Les enfants sont les victimes les plus représentées parmi les victimes vérifiées sur place, détaille l’organisme onusien. Les trois catégories d’âge les plus représentées sont les enfants âgés de 5 à 9 ans, les enfants âgés de 10 à 14 ans et les bébés et enfants âgés de 0 à 4 ans. Environ 80 % des victimes vérifiées ont été tuées dans des immeubles résidentiels ou des logements similaires, dont 44% d’enfants et 26% de femmes. (cath.ch/vatnews/ag/bh)
19/02/2024
Père Romanelli: «La majorité des victimes à Gaza sont des civils»
La voix tremble, les mots résonnent plus fortement, le ton devient plus incisif. Le Père Gabriel Romanelli prévient: «Ecrivez surtout que les victimes à Gaza sont d’abord des civils. La plupart sont des femmes et des enfants, pas des combattants, mais les otages d’une guerre horrible.» cath.ch a pu...