Une «étincelle d’espérance» jaillit de l’accord mettant fin aux hostilités à Gaza, a lancé le pape Léon XIV au terme de la messe célébrée le 12 octobre 2025 sur la place Saint-Pierre, à l’occasion du Jubilé de la spiritualité mariale. Le pontife s’est aussi exprimé sur la poursuite des bombardements en Ukraine et sur la crise politique au Pérou, où la présidente Dina Boluarte a été destituée par le Parlement.
Saluant «l’accord sur le début du processus de paix» qui a permis de mettre fin aux hostilités à Gaza après deux ans de guerre, le pape Léon XIV a encouragé «les parties concernées à poursuivre avec courage le chemin tracé, vers une paix juste, durable, et respectueuse des aspirations légitimes du peuple israélien et du peuple palestinien».
Le cessez-le-feu signé cette semaine sous la pression du président américain Donald Trump a déjà permis à 500’000 Palestiniens de revenir au nord de l’enclave, mais beaucoup ont retrouvé leur logement en ruines. La libération des derniers otages israéliens devrait s’organiser à partir du 13 octobre au matin, selon le Hamas.
«Deux années de conflit ont semé partout la mort et les ruines, surtout dans le cœur de ceux qui ont brutalement perdu leurs enfants, leurs parents, leurs amis, tout», s’est attristé le pontife. «Avec toute l’Église, je suis proche de votre immense douleur», a-t-il assuré.
«Aujourd’hui, c’est à vous tout particulièrement que s’adresse la caresse du Seigneur, la certitude que, même dans la nuit la plus noire, Il reste toujours avec nous: 'Dilexi te – Je t’ai aimé’», a–t-il lancé, citant le titre de son exhortation apostolique sur l’amour des pauvres, publiée le 11 octobre.
«À Dieu, unique Paix de l’humanité, nous demandons de guérir toutes les blessures et d’aider, par sa grâce, à accomplir ce qui, humainement, semble aujourd’hui impossible: redécouvrir que l’autre n’est pas un ennemi, mais un frère à regarder, à pardonner, à qui offrir l’espérance de la réconciliation», a encore lancé le chef de l’Église catholique.
Compassion pour l’Ukraine
Le pape a également exprimé sa tristesse face aux «nouvelles attaques violentes qui ont frappé plusieurs villes et infrastructures civiles en Ukraine, causant la mort de personnes innocentes, dont des enfants, et laissant de nombreuses familles sans électricité ni chauffage».
À l’approche de l’hiver, de nouvelles infrastructures énergétiques ont été bombardées par la Russie la nuit dernière, notamment dans les régions de Donetsk, Odessa et Tchernihiv. Au total, en une semaine, les forces russes ont lancé plus de 3’100 drones, 92 missiles et environ 1’360 bombes planantes, selon la présidence ukrainienne.
«Mon cœur s’unit à la souffrance de cette population, qui vit depuis des années dans l’angoisse et la privation», a déclaré Léon XIV, qui a renouvelé «l’appel à mettre fin à la violence, à arrêter la destruction, à s’ouvrir au dialogue et à la paix».
Dès le début de son pontificat, le pape a exprimé sa disponibilité à œuvrer pour la fin de cette guerre en recevant le président ukrainien Volodymyr Zelensky à deux reprises, en mai au Vatican et en juillet à Castel Gandolfo. Il s’est par ailleurs entretenu au téléphone avec le président russe Vladimir Poutine le 4 juin dernier.
Appel à l’unité pour le Pérou
«Je suis proche du cher peuple péruvien en ce moment de transition politique», a par ailleurs lancé Léon XIV, au surlendemain de la destitution de la présidente Dina Boluarte, qu’il avait reçue au Vatican le jour de sa messe d’installation, le 18 mai dernier.
Le Parlement a voté l’impeachment de la présidente à une très large majorité de 122 voix contre 130, après plusieurs jours de manifestations mobilisant de nombreux jeunes contre la corruption et la violence. Le président du Parlement José Jeri assume maintenant l’intérim à la tête de l’État jusqu’à l’élection présidentielle prévue en avril 2026.
«Je prie pour que le Pérou puisse continuer sur la voie de la réconciliation, du dialogue et de l’unité nationale», a assuré le pontife, lui-même ressortissant péruvien depuis sa naturalisation en 2015, lorsqu’il est devenu évêque de Chiclayo. Un futur voyage apostolique du pape au Pérou, où il est très attendu, dépendra d’une stabilisation politique du pays. Il est donc exclu que le pontife s’y rende avant le scrutin d’avril prochain. (cath.ch/imedia/cv/bh)
12/10/2025
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