Le diocèse de Fulda, au centre de l'Allemagne, refuse de financer l'indemnisation des abus sexuels par le biais des impôts ecclésiastiques. Le diocèse a indiqué que l'argent proviendrait plutôt de la caisse de l'évêché ou, si possible, des agresseurs encore en vie, rapporte l'agence catholique allemande KNA.
Cette annonce survient alors que les évêques catholiques
d'Allemagne discutent d'une nouvelle procédure d'indemnisation des victimes
d'abus sexuels commis par des membres du clergé. En septembre 2019, un groupe
de travail a proposé deux modèles: une somme forfaitaire d'environ 300'000
euros par victime et une procédure graduée dans laquelle entre 40'000 et 400'000
euros pourraient être versés, selon la gravité du cas.
Mais le financement de ces mesures n'est pas encore clair. Avant
celui de Fulda, plusieurs diocèses se sont opposés au recours à l'argent issu des
impôts ecclésiastiques. D'autres mesures en vue d'une réglementation nationale
seront présentées fin janvier 2020.
En Suisse, de l'argent des impôts pour l'indemnisation
En Suisse, un système de dédommagement est déjà en place pour les victimes d'abus frappés de prescription. Le fonds est financé par trois contributeurs, selon une clé de répartition fixe. Il s'agit de la Conférence des évêques suisses (CES), de la Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ) et de l'Union des supérieurs majeurs religieux de Suisse (VOS'USM). Si les parts de la CES et de la VOS'USM ne proviennent pas des impôts ecclésiastiques, c'est le cas pour la RKZ, a récemment confirmé à kath.ch Liliane Gross, présidente de la commission d'indemnisation. (cath.ch/kna/kath/bal/rz)