"Un défenseur de la cause de Dieu à son époque"
Fribourg, 29novembre(APIC) Le pape Jean Paul II, le 3 mai dernier, béatifiait dans le stade olympique de Munich le Père jésuite Rupert Mayer,
apôtre et résistant anti-nazi de la première heure dans la capitale bavaroise. A l’occasion de cette béatification, la province jésuite du Sud de
l’Allemagne et l’archevêché de Munich et Freising ont mis sur pied une exposition sur la vie et l’oeuvre de ce jésuite courageux, persécuté par les
nazis pour avoir continué, malgré les avertissements de la Gestapo, de
prêcher la vérité de façon intégrale. Cette exposition est présentée depuis
samedi et jusqu’au 4 décembre dans le hall d’honneur de l’Université de
Fribourg à l’initiative de la société d’étudiants catholiques germanophones
"Teutonia" et de la Fondation "Rupert Mayer" à Fribourg.
Au cours du vernissage, samedi en fin d’après-midi, en présence de
représentants du rectorat et de la faculté de théologie et devant une assemblée composée essentiellement de membres de la "Teutonia" (dont Rupert
Mayer fut membre lorsqu’il étudia la théologie à l’Université de Fribourg
en 1894 et 1895), le Père Stefan Bamberger, provincial des jésuites de
Suisse (jusqu’à la mi-décembre), a présenté le témoignage de ce "défenseur
de la cause de Dieu à son époque". Né à Stuttgart en 1876, Rupert Mayer
entra dans la Compagnie de Jésus en 1900. d’abord prédicateur de missions
populaires, il fut aumônier militaire pendant la Première Guerre Mondiale.
Blessé, il fut amputé de la jambe gauche. Dans ses prédications, il s’opposa dès le début à la montée du nazisme et fut arrêté et interné à trois
reprises entre 1937 et 1939. La Gestapo, en vain, l’avait interdit de parole. Interné au camp de concentration de Sachsenhausen, il fut ensuite relégué - et strictement isolé - dans le monastère d’Ettal de 1940 à 1945, année ou il succomba à une crise d’apoplexie, quelques mois après avoir été
libéré et avoir repris ses prédications.
Le P. Bamberger, qui a qualifié Rupert Mayer de "Combattant pour la cause de Dieu" a précisé que "combattant" n’avait ici rien à voir avec la lutte politico-militaire pour le pouvoir, mais que c’était la traduction de
"soldat de Dieu", (miles Christi), une expression classique pour dire l’engagement actif pour imiter Jésus-Christ. Mais cette expression veut effectivement dire également confrontation, lutte, "le contraire de s’arranger",
a-t-il poursuivi, sous-entendant par là l’attitude opportuniste de nombreux
catholiques allemands face au nazisme... "S’arranger", a-t-il souligné, la
tentation aussi bien de cette époque que de la nôtre. L’exposition sur les
"12 stations de la vie du Père Rupert Mayer" offre d’intéressants documents
sur la vie du jésuite bavarois et sur son époque, ainsi que des objets lui
ayant appartenu, notamment lorsqu’il était en captivité. (apic/be)