Deuxième rencontre des catholiques de Suisse romande "Prier et témoigner"
Tous envoyés et témoins
Geneviève Cornet
Fribourg, 21octobre(APIC) "Baptisé, je t’envoie. Sois le sel et la lumière, sois lumière de la terre. Va dire aux hommes tes frères la force de la
foi": Fribourg vivait samedi et dimanche au rythme de la seconde rencontre
des catholiques de Suisse romande "Prier et témoigner". Ils étaient près de
2’000 de tous les horizons à avoir répondu à l’invitation de l’Apostolat de
la prière de Suisse romande en ce Dimanche de la Mission universelle pour
"Vivre ensemble sur la terre - Risquer la rencontre". Jeunes et moins jeunes, prêtres, religieux, religieuses, réunis autour de la croix de l’Année
sainte avec le cardinal Henri Schwery, évêque de Sion, Mgr Pierre Mamie,
évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Henri Salina, abbé de SaintMaurice, Soeur Emmanuelle et le chanteur Patrick Richard ont vécu un temps
fort de prière et de partage, tous appelés à témoigner de leur espérance au
quotidien. Ils ont également reçu un message d’encouragement du pape.
Spectacle émouvant et grandiose dimanche dans l’Aula Magna de l’Université de Fribourg : 2’000 catholiques se donnent la main pour prier et chanter, unis dans la même louange et la même espérance autour de leurs évêques. "C’est fantastique ! C’est cela, l’Eglise !" : les visages rayonnent,
chacun vient de vivre une expérience de foi intense. Au-delà des différences de sensibilité, Focolari, Jeunes de Lourdes et de la Jeunesse rurale
chrétienne se mêlant aux charismatiques et aux membres de l’Opus Dei. Les
contemplatifs n’ont pas manqué à l’appel : plusieurs religieux et religieuses étaient sortis de leurs monastères pour venir partager leur recherche
de Dieu et témoigner de leur solidarité avec le monde. Diversité et complémentarité de l’Eglise, vécues dans l’enthousiasme, comme en écho aux paroles du cardinal Schwery dans son homélie de dimanche : "Soyez heureux. Profondément. Et donnez donc envie d’être heureux, témoignez !".
Prière et témoignage alternaient, dans une atmosphère fervente et un
climat d’ouverture réciproque. Les offices chantés par les contemplatifs et
la nuit d’adoration à l’église Sainte-Thérèse animée par les communautés,
paroisses et mouvements engagés en Suisse romande ont donné à chacun le
temps d’un coeur à coeur avec Dieu, dans le silence et le recueillement. La
prière conduit au témoignage : ils furent nombreux, de celui de Soeur Emmanuelle, du Caire, à celui des communautés contemplatives et apostoliques de
Suisse romande en passant par ceux des jeunes pèlerins de cet été, d’un
missionnaire et des familles "Emmanuel", qui ont adopté des enfants handicapés. Témoignage d’unité dans la diversité, la messe de clôture présidée
par le cardinal Schwery et l’envoi des jeunes en mission. Temps fort également que la procession qui a conduit les participants de l’Université à
l’église Sainte-Thérèse, derrière la croix de l’Année sainte.
Les psaumes, prière du quotidien
Qui mieux que les contemplatifs peut évoquer la prière des psaumes ?
Soeur Marie-Gabrielle, clarisse de Jongny, Soeur Gilberte, bernardine de
Collombey et le frère Henri-Marie, cistercien d’Hauterive ont partagé leur
expérience quotidienne de cette prière qui est celle de l’Eglise depuis des
siècles : prière de l’homme tel qu’il est, avec tout son vécu, prière qui
rejoint à tout instant le monde entier et féconde chacun de nos actes. Vécue sept fois le jour dans une existence qui ne sépare pas le contemplatif
du monde, mais le relie à toute l’humanité, les religieux et religieuses
présents en ont témoigné avec joie. Avec humour aussi, comme pour dire à
chacun que l’homme reste lui-même derrière les murs d’un monastère. Des monastères ouverts à ceux qui cherchent un espace de silence dans l’agitation
du quotidien, les contemplatifs l’ont rappelé avec force, prêts à accueillir et accompagner chacun.
Après l’office des vêpres et la question de Mgr Mamie : "Qui est Dieu
pour toi aujourd’hui ?", les participants ont écouté Soeur Emmanuelle évoquer son expérience parmi les chiffonniers du Caire et les déshérités du
Soudan, donnant la preuve que "l’amour est plus fort que la mort".
Prier avec son corps
Les jeunes pèlerins de cet été ont partagé les découvertes faites sur
les routes qui les ont menés à Czestochowa, Loyola, Einsiedeln, Lourdes et
Paray-le-Monial : expériences très fortes, qui les ont transformés et ont
fait d’eux des témoins et des envoyés en Eglise. C’est au retour que tout
commence, les jeunes l’ont prouvé par leur enthousiasme et leur créativité.
L’après-midi, ils ont déposé aux pieds de l’autel et de la croix de l’Année
sainte des symboles des pèlerinages : insigne de saint Nicolas de Flue,
icônes de Czestochowa et de Paray-le-Monial, anneaux en signe d’alliance,
souliers, sac à dos et bâton de route pour témoigner de l’effort accompli.
On prie aussi avec son corps, témoin cette jeune Coréenne du mouvement des
Focolari qui a mimé dans un jeu scénique la vie de Marie.
"Prier et témoigner", c’est aussi la rencontre entre évêques et fidèles,
sans les barrières du protocole : Mgr Mamie avec les adultes, Mgr Salina
avec les jeunes ont partagé ce qui leur tient à coeur, redisant que l’autre, créé à l’image de Dieu, nous évangélise si on sait l’écouter.
Témoigner, c’est "vivre ce que nous croyons"
Sommet et clôture de ces deux journées, la messe présidée par Mgr Schwery, entouré de Mgr Salina et d’une trentaine de prêtres, dans une aula comble et enthousiaste. Dans son homélie, teintée d’humour, Mgr Schwery a rappelé à tous que "toute l’Eglise est missionnaire". Chacun est appelé à se
laisser évangéliser pour témoigner au quotidien dans son milieu de vie. Témoigner, c’est-à-dire parler "moins de ses idées que de sa foi vécue, donc
de l’abondance du coeur", pour instaurer un dialogue vrai qui soit plus
qu’une méthode ou un savoir-faire. Pour cela, il faut d’abord "vivre ce que
nous croyons. Alors le rayonnement de notre bonheur donnera aux autres
l’envie d’être heureux".
Dans son message adressé aux participants et lu par le cardinal, Jean
Paul II exhorte chacun à "développer librement et résolument sa vie intérieure". Il lance un appel pressant : "Les peuples de vieille Europe ont
tellement besoin de retrouver leur âme chrétienne que les ouvriers appelés
au service de l’Evangile ne peuvent plus se dérober". L’envoi en mission,
par Mgr Schwery, a mis un terme à la rencontre. La Croix de l’Année sainte
a gagné le couvent des ursulines de Sion, où elle sera exposée une semaine
avant de voyager, jusqu’en janvier 1992, dans toute la Suisse. (apic/id/Geneviève Cornet)