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    Les défis de la reconstruction (240593)

    Fribourg: un évêque orthodoxe russe de passage à l’Université

    Fribourg, 24mai(APIC) A 36 ans, Mgr Alexandre Mogoliëv, évêque de Kostroma et de Galic fait partie de la génération montante de la hiérarchie orthodoxe-russe, celle dont dépendra la reconstruction de l’Eglise du pays.

    De passage à Fribourg, à l’invitation de l’Institut des Etudes oecuméniques

    de l’Université, Mgr Mogoliëv a présenté lundi la situation de son diocèse

    et celle de l’Eglise orthodoxe de Russie. Reconstruction et espoir sont les

    maîtres-mots de son témoignage.

    Le diocèse de Kostroma à 320 kilomètres au nord de Moscou s’étend sur

    une surface une fois et demi plus grande que la Suisse. Il compte 812’000

    habitants dépendant actuellement de 120 paroisses et de quatre monastères.

    La destruction a été terrible si on songe qu’avant 1917, il y avait 1’200

    paroisses dans la région, souligne Mgr Mogoliëv. Pendant toute la période

    communiste, l’Eglise fut constamment persécutée, évêques, clergé et fidèles

    furent décimés. Les églises furent fermées par centaines, même si pendant

    la guerre, puis dans les années 60, on a pu constater un léger dégel.

    Krouchtchev ne se vantait-il pas de vouloir présenter à la télévision le

    dernier prêtre orthodoxe? Seule organisation à proposer une idéologie opposée au communisme, l’Eglise fut comme en exil dans son propre pays, rappelle l’évêque de Kostroma. Toute autre activité que la liturgie lui était interdite, aussi bien l’enseignement que la catéchèse, le travail social que

    la visite des malades.

    Le miracle de la résurrection s’est produit après la célébration du millénaire du baptême de la Russie en 1988 qui fut comme une étincelle de foi.

    Pour la première fois depuis des décennies, l’Eglise est de nouveau apparue

    comme vivante au grand jour dans tous les médias. "Je venais d’être ordonné

    prêtre, se souvient Mgr Mogoliëv. A cette époque, j’ai célébré parfois entre 70 et 120 baptêmes par jour, du nourrisson au vieillard."

    Après la reconnaissance définitive de l’Eglise en 1990, tous les domaines se sont à nouveau ouverts à l’activité de l’Eglise. "Nous avons actuellement par exemple des écoles du dimanche dans toutes les paroisses pour la

    catéchèse des enfants et des jeunes". Mais les défis sont immenses. Les

    dangers, Mgr Mogoliëv les voit surtout dans le prosélytisme des sectes. "En

    un an, douze familles de Témoins de Jéhovah américains sont venues s’établir à Kostroma!" "Les besoins spirituels des jeunes surtout sont importants, nous devons y répondre." Pour cela il faut en particulier que

    l’Eglise soit totalement séparée de l’Etat et puisse travailler en toute

    indépendance, insiste l’évêque rejettant par là toute idée d’Eglise nationale. "Nous sommes là pour annoncer Jésus-Christ", conclut-il. (apic/mp)

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