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    la Faculté de théologie de l’Université

    Fribourg: Semaine interdisciplinaire à (220494)

    La bioéthique; les débuts de la vie

    Fribourg, 22avril(APIC) Théologiens et médecins s’interrogent chacun à

    leur façon sur les débuts de la vie, la fécondation "in vitro" ou l’avortement, mais les "connexions" entre les divers savoirs spécialisés ne s’établissent pas toujours. Pour pallier ce manque, les étudiants en théologie

    et quelques étudiants en médecine ont participé de lundi à vendredi à de

    passionnants débats sur la bioéthique organisés dans le cadre de la Faculté

    de théologie de l’Université de Fribourg.

    La traditionnelle Semaine interdisciplinaire de la section francophone

    de la Faculté de théologie a été fréquentée en moyenne par une cinquantaine

    d’étudiants qui avaient eux-mêmes choisi le thème. Divers intervenants,

    professeurs de l’Université de Fribourg ou invités, ont développé les

    aspects philosophiques du concept de nature (Prof. Secrétan), les débuts de

    la vie humaine dans la Bible (Père Schenker), l’eugénisme et le diagnostic

    prénatal (Père Berthouzoz, prof. de morale, et Prof. Müller, prof. d’éthique à l’Université de Lausanne), les aspects juridiques du début de la vie

    (Prof. Borghi, prof. de droit public, et le juge Esseiva, de Fribourg) et

    les aspects médicaux, notamment l’embryologie (Prof. Rager, prof. d’anatomie; MM. Carron, prof. de bioéthique en Valais, et Bourrit, spécialiste des

    problèmes de stérilité à Genève).

    Au cours de la table-ronde de vendredi, des étudiants ont laissé entendre que tant en matière de bioéthique, d’avortement ou d’euthanasie, la parole de l’Eglise ne fait souvent plus le poids aujourd’hui face à la parole

    du médecin et au discours "scientifique" que la société contemporaine a

    tendance à survaloriser. On a même parlé de la "disparition du curé comme

    instance sociale" dans la société actuelle.

    "Cela n’aurait aucun sens de bloquer la science"

    Directeur du Centre d’hémodialyse de l’Hôpital cantonal, le Dr. Gilbert

    Fellay a souligné que ce n’est évidemment pas la science en elle-même qui

    est gênante - elle nous aide à sortir d’impasses - , mais l’application de

    certaines technologies. "Cela n’aurait aucun sens de bloquer la science,

    cependant la difficulté est de savoir ce qu’on en fait; le problème vient

    parfois aussi l’orgueil des ’technologues’". Et de mettre en garde les étudiants de ne pas confondre les modèles que la science est obligée de construire pour appréhender le réel avec le réel lui-même.

    Le Prof. Secrétan a souligné que le monde scientifique n’est pas unanime

    et qu’il y a diverses options parmi les scientifiques; certains d’entre eux

    sont parfaitement conscients qu’il y a un équilibre à maintenir, étant donné la divergence croissante entre les progrès techniques et la finitude humaine. Le Père Berthouzoz a rappelé pour sa part qu’aucun domaine de soi

    n’échappe à la science, cependant la science ne dit pas le tout: de par sa

    méthodologie, elle est forcément réductrice. La finalité humaine ne peut

    pas être dite uniquement par la science. Notre société doit faire face à

    une crise des références par rapport aux valeurs fondamentales.

    Abondant dans ce sens, le prof. Secrétan note que la médicalisation extrême de tout ce qui touche à la procréation est un indice de la crise des

    valeurs référentielles. "A qui va-t-on en parler, au médecin, car c’est lui

    le maître de la situation, et même le mari finalement n’a plus rien à dire

    en cette matière!" Définissant la tâche de la théologie, le Père Schenker a

    dit qu’elle devait fonder les valeurs et les espérances d’une société:

    "C’est la même chose que le curé doit faire, essayer de gagner la personne

    à une valeur évangélique!".

    Peu de choses au niveau pastoral pour les couples stériles

    Au niveau pastoral en Suisse, concède le Père Berthouzoz, il existe peu

    de choses pour les couples stériles désireux d’avoir des enfants. Le lieu

    stratégique devraient être par exemple les groupes de préparation au mariage. Il faudrait être présent aux lieux où se manifeste cette demande de

    procréation médicalement assistée, afin d’accompagner les couples demandeurs pour qu’ils puissent prendre leur décision en toute liberté. Il serait souhaitable d’avoir des gens formés, qui puissent être en lien avec

    les Centres de procréation médicalement assistée, mais distincts d’eux. Au

    moment de la demande, il faudrait disposer de sortes de conseillers conjugaux qui pourraient aider les gens à prendre une décision, à clarifier la

    demande et à en dégager les enjeux.

    Il faudrait également intégrer l’éthique dans la formation médicale

    d’une manière un peu différente de ce qui se fait actuellement dans les facultés de médecine. Mais il faudrait qu’une telle demande émane clairement

    de tous les médecins. D’autre part, il faut mener une action au niveau de

    l’opinion publique, dans le but de former et d’aider à élargir un consensus

    sur les valeurs fondamentales et permettre aux gens d’en découvrir les enjeux. La formation des jeunes, conclut-il, est l’un des éléments essentiels, car c’est dans l’adolescence que se découvrent les valeurs et se

    forment les convictions. (apic/be)

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