Fribourg, 9novembre(APIC) Ils étaient environ soixante à se retrouver samedi 7 novembre à la salle paroissiale de l’église Saint-Paul, à Fribourg,
pour vivre ensemble la rencontre annuelle de l’Apostolat de la Prière (AP)
de Suisse romande. Ils venaient des cantons du Valais, de Vaud, de Neuchâtel, du Jura et de Fribourg. Ils ont vécu une journée de prière et de
réflexion, encadrés par le Père Marie-Joseph Huguenin, Carme et nouvel
aumônier de l’Apostolat de la Prière en Suisse romande, l’abbé André Pittet, vicaire à Saint-Pierre à Fribourg, et M. Daniel Pittet, président du
mouvement.
Un journée qui a débuté par l’hommage du président à l’abbé Pierre Bessero, aumônier de l’Apostolat de la Prière durant vingt ans, et l’accueil
du Père Huguenin, son successeur. C’est en réponse à la demande de Mgr
Gabriel Bullet, évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, que ce jeune Carme (il est âgé de 35 ans) a accepté la responsabilité du mouvement : "Si l’Apostolat de la Prière pouvait devenir aussi une
initiation des enfants et des jeunes à la prière personnelle, ce serait un
merveilleux service rendu à la jeune génération". Le nouvel aumônier, qui
termine une thèse sur sainte Thérèse d’Avila, a à coeur de réaliser cet
idéal en faisant expérimenter aux jeunes la Présence de Dieu à travers la
prière contemplative. Il s’agit là de l’une des préoccupations majeures de
l’Apostolat de la Prière.
Une grande place était faite à la prière et à l’adoration : méditation
du chapelet par l’abbé Pittet, de la Passion par l’abbé François Clément,
adoration du Saint-Sacrement et messe avec homélie prononcée par le chanoine Henri Roduit, Prieur de l’Abbaye de Saint-Maurice. L’Apostolat de la
prière a été consacré, au cours de la journée, à la Vierge Marie.
Une vie d’offrande dans l’Esprit
Deux exposés ont ponctué le déroulement de la rencontre : ceux du Père
Huguenin et de M. Beda Ackermann, libraire. Le nouvel aumônier, constatant
l’absence des jeunes, a insisté sur le témoignage de chacun dans son milieu
de vie. Se référant à la rencontre des directeurs nationaux de l’Apostolat
de la Prière cet été à Loyola, en Espagne, aux textes du Concile et à ceux
du récent Synode, sur les laïcs, il a tenté de mieux cerner le mouvement
dont il est aujourd’hui le responsable. Il a rappelé la base de la spiritualité de l’Apostolat de la prière, l’offrande : chaque chrétien doit
offrir toute sa vie à Dieu : ce n’est que dans le don de tout son être
qu’il donne un sens à sa souffrance; l’offrande n’a une valeur si grande
que parce qu’elle est offrande, à travers nos épaisseurs humaines, de Jésus
à son Père. Citant "Lumen Gentium" (no 34), le nouvel aumônier a ajouté :
"En effet, toutes leurs activités (les laïcs), leurs prières et leurs
entreprises apostoliques, leur vie conjugale et familiale, leurs labeurs
quotidiens, leurs détentes d’esprit et de corps, si elles sont vécues dans
l’Esprit de Dieu, et même les épreuves de la vie, pourvu qu’elles soient
patiemment supportées, tout cela devient "offrandes spirituelles, agréables
à Dieu par Jésus-Christ" (1 Pierre 2,5). Pour cela, il faut se rendre disponibles à l’Esprit et Le laisser agir en nous pour que par nous il atteigne tous les hommes.
Le Père Huguenin comprend l’apostolat de la Prière comme "un moyen de
mieux vivre le sacerdoce commun des fidèles". Oeuvrant en étroite collaboration avec le clergé, il "ne doit pas être conçu comme un mouvement parmi
d’autres, mais comme un don du Seigneur au service de tous les chrétiens
pour les aider à vivre de manière beaucoup plus profonde et authentique la
vie même de Jésus reçue au baptême" : "Voulant poursuivre également, par le
moyen des laïcs, son témoignage et son service, le Christ Jésus, prêtre
suprême et éternel, leur apporte la vie par son Esprit, et les pousse inlassablement à réaliser tout bien et toute perfection" ("Lumen Gentium" no
34).
Le nouvel aumônier a souligné l’originalité de l’Apostolat de la Prière
dans la diffusion de son Message et a encouragé les membres à continuer
leur mission de proche en proche en diffusant les revues du mouvement
("Fidélité" et "Réunir") et les billets mensuels de prière.
En début d’après-midi M.Beda Ackermann a parlé de la prière de louange,
fruit de son récent pèlerinage à Fatima : "L’homme a été créé pour rendre
grâce à Dieu" et la louange, qui vient de son coeur, est le signe qu’il
croit non seulement que Dieu existe, mais qu’Il l’aime.
L’Apostolat de la Prière, fondé en France en 1844 par le père FrançoisXavier Gautrelet, Jésuite, était à l’origine destiné aux séminaristes désireux de vivre un apostolat dès leur formation. Le mouvement s’est bientôt
élargi aux dimensions du monde et s’adresse aujourd’hui à tous. Il a pour
buts de "faire de la prière un moyen de propagation de la foi" et de sortir
de leur égoïsme les bonnes et pieuses personnes en les amenant à s’intéresser aux grands problèmes de l’Eglise "par le zèle et la charité qui font
sortir l’homme de lui-même". (apic/cor)